Résumé de la décision
Le tribunal administratif de Marseille a rendu un jugement le 29 juin 2023, rejetant les conclusions en annulation présentées par la société Le Fournil du Merlan contre l'arrêté du 25 septembre 2020, qui avait délivré un permis de construire à l'Eurl Kaufman and Broad Méditerranée pour un ensemble immobilier de 95 logements. Le tribunal a constaté que les vices affectant le permis initial avaient été régularisés par un nouvel arrêté du 3 avril 2023. En conséquence, la commune de Marseille a été condamnée à verser 1 000 euros à la société Le Fournil du Merlan pour les frais exposés, tandis que les demandes de la société Kaufman and Broad Méditerranée ont été rejetées.
Arguments pertinents
1. Régularisation des vices : Le tribunal a établi que les vices identifiés dans le permis de construire initial avaient été corrigés par le permis de régularisation délivré le 3 avril 2023. Par exemple, le local poubelle, qui ne respectait pas les distances avec les limites séparatives, a été intégré dans le bâtiment A, conforme à l'article UC7 du règlement du PLUi. Le tribunal a affirmé : « ce vice entachant le permis de construire initial a été régularisé ».
2. Conformité aux règles d'urbanisme : Les modifications apportées au projet ont permis de respecter les dispositions des articles UC11 e) et f) du PLUi, notamment en ce qui concerne l'accès aux emplacements de stationnement et la présentation des plans. Le tribunal a noté que « le projet autorisé par le permis de construire ne présente plus de rampe d'accès aux emplacements de stationnement qui ne soit pas comprise dans le volume de construction ».
3. Frais de justice : Le tribunal a décidé que, bien que la régularisation ait été initiée par la société requérante, cela ne justifiait pas de lui imposer les frais. Il a statué que « la circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, ne doit pas à elle seule conduire le juge à mettre les frais à sa charge ».
Interprétations et citations légales
1. Article L. 600-5-1 du Code de l'urbanisme : Cet article permet au tribunal administratif de surseoir à statuer sur les conclusions en annulation d'un permis de construire lorsque des vices de légalité sont identifiés, en accordant un délai pour la régularisation. Cela a été appliqué dans le jugement du 26 janvier 2023, où le tribunal a accordé un délai de quatre mois pour corriger les vices.
2. Article UC7 et UC11 du PLUi : Ces articles régissent les règles d'urbanisme applicables à la construction. Le tribunal a constaté que les modifications apportées au projet respectaient ces règles, permettant ainsi la régularisation des vices. Par exemple, l'article UC7 stipule des prescriptions concernant les distances avec les limites séparatives, tandis que l'article UC11 traite des conditions d'accès et de stationnement.
3. Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article prévoit que la partie perdante doit rembourser les frais exposés par l'autre partie. Le tribunal a appliqué cet article pour condamner la commune de Marseille à verser 1 000 euros à la société Le Fournil du Merlan, en précisant que « le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel ».
En conclusion, le tribunal a non seulement confirmé la régularisation des vices affectant le permis de construire, mais a également clarifié les principes de répartition des frais de justice en cas de régularisation intervenue en cours d'instance.