Résumé de la décision
La SA Société Etudes Systèmes Informations (SESIN) a déposé une requête le 19 juillet 2023 auprès du juge des référés, demandant la désignation d'un expert pour évaluer les dépenses ayant servi de base au calcul du crédit d'impôt recherche pour les années 2015 à 2017. La société a contesté le manque de motivation du comité consultatif du crédit d'impôt, qui, selon elle, ne permet pas de comprendre l'analyse ayant conduit à sa décision. Le juge des référés, Mme Menasseyre, a rejeté la demande, considérant que la mission d'expertise sollicitée portait sur des questions de droit et non de fait, ce qui ne relève pas de la compétence d'un expert.
Arguments pertinents
1. Nature de la demande d'expertise : Le juge a souligné que la demande de la SA SESIN visait à obtenir une expertise sur la qualification juridique des dépenses, ce qui ne peut être confié à un expert. En effet, il a précisé que "la mesure d'expertise demandée [...] n'est pas de celles qu'un juge peut confier à un expert".
2. Possibilité de produire un rapport d'expertise privée : Le juge a également noté que la société avait déjà la possibilité de produire un rapport d'expertise privée pour soutenir ses prétentions dans le cadre du contentieux avec l'administration fiscale, ce qui rendait la demande d'expertise superflue.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". Toutefois, le juge a interprété cette disposition en précisant que la mesure d'expertise doit porter sur des questions de fait et non de droit.
2. Distinction entre faits et droit : La décision met en lumière la distinction essentielle entre les questions de fait, qui peuvent être examinées par un expert, et les questions de droit, qui relèvent de la compétence du juge. Le juge a affirmé que la mission d'expertise demandée par la SA SESIN "est relative à la qualification juridique des faits et aux conséquences juridiques à tirer de constatations de fait", ce qui justifie le rejet de la demande.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des compétences d'expertise, soulignant que les questions juridiques doivent être tranchées par le juge et non par un expert, tout en rappelant que la société a d'autres moyens de faire valoir ses droits dans le cadre du contentieux fiscal.