Résumé de la décision
M. A B, agent titulaire à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (APHM), a saisi le juge des référés pour obtenir la restitution de jours de congés qu'il estime dus pour les années 2014 à 2023, ainsi qu'une indemnité pour les frais de justice. Le juge a rejeté sa requête, considérant que M. B n'avait pas établi l'urgence de sa demande et que le silence de l'administration sur sa demande antérieure avait entraîné un refus implicite, ce qui ne permettait pas d'ordonner la mesure sollicitée.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : Le juge a souligné que M. B n'a pas justifié l'urgence de sa situation, se contentant d'évoquer une précarité financière sans preuve. De plus, il a attendu plusieurs mois avant de saisir le juge des référés, ce qui remet en question l'urgence de sa demande. Le juge a précisé que "sans en justifier" et "en se bornant à faire état de la précarité de sa situation financière", M. B ne satisfait pas aux exigences de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
2. Refus implicite de l'administration : Le juge a rappelé que le silence de l'APHM sur la demande de M. B, reçue le 18 mai 2022, a entraîné un refus implicite de restitution des sommes demandées, conformément à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration. Ce refus implicite constitue une décision à laquelle le juge des référés ne peut faire obstacle.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même sans décision administrative préalable. Cependant, il impose une condition d'urgence qui doit être justifiée. Le juge a noté que "la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire" (article R. 522-1).
2. Article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : Cet article stipule que le silence de l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet. Le juge a appliqué cette disposition pour conclure que le refus implicite de l'APHM ne pouvait être contourné par le juge des référés.
3. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence par une ordonnance motivée. Le juge a utilisé cette disposition pour justifier le rejet de la requête de M. B.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur l'absence d'urgence et sur le caractère définitif du refus implicite de l'administration, ce qui empêche toute mesure d'exécution immédiate.