Résumé de la décision
Mme A B épouse C a saisi le tribunal administratif pour contester la décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Elle a demandé l'annulation de cette décision et l'enjoindre à la commune de réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du Code de justice administrative, le délai pour former un recours contre une décision implicite de rejet est de deux mois à compter de la date à laquelle cette décision est née. En l'espèce, la décision implicite de rejet est née le 24 avril 2022, et Mme B épouse C a déposé sa requête le 8 juillet 2022, soit après l'expiration de ce délai.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du Code des relations entre le public et l'administration ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, même en l'absence d'accusé de réception de sa demande, le délai de recours court à partir de la naissance de la décision implicite.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du Code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cette disposition est cruciale pour déterminer le moment à partir duquel le délai de recours commence à courir.
2. Relations entre l'administration et ses agents : L'article L. 112-2 du Code des relations entre le public et l'administration précise que "ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents" certaines dispositions, ce qui inclut l'absence d'obligation d'accusé de réception pour les demandes des agents publics. Cela signifie que le silence de l'administration est suffisant pour faire naître une décision implicite de rejet, indépendamment de la notification à l'agent.
3. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du même code établit que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela renforce l'idée que le délai de recours est strict et ne peut être prolongé par l'absence d'accusé de réception.
En conclusion, le tribunal a appliqué rigoureusement les dispositions légales en matière de délais de recours, en soulignant que la requête de Mme B épouse C était tardive et donc irrecevable.