Résumé de la décision
Mme A B épouse C a déposé une requête le 9 août 2022 pour contester la décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Elle a demandé l'annulation de cette décision et l'enjoindre à la commune de réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet, intervenue le 5 juin 2022.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du Code de justice administrative, le délai pour former un recours contre une décision implicite de rejet est de deux mois à compter de la date à laquelle cette décision est née. En l'espèce, le silence du maire sur la demande de Mme B épouse C a créé une décision implicite de rejet le 5 juin 2022, et le délai de recours a donc expiré le 5 août 2022. La requête déposée le 9 août 2022 est donc tardive.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du Code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient des règles spécifiques concernant l'accusé de réception des demandes, ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, même en l'absence d'accusé de réception, le délai de recours reste opposable à l'agent public.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du Code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cette disposition est cruciale pour déterminer le moment à partir duquel le délai de recours commence à courir.
2. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du Code des relations entre le public et l'administration précise que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela signifie que, pour les agents publics, le silence de l'administration a des conséquences juridiques immédiates, rendant le recours nécessaire même sans accusé de réception.
3. Non-applicabilité des articles L. 112-3 et L. 112-6 : Le tribunal a affirmé que "les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics", ce qui renforce l'idée que les agents doivent être vigilants quant aux délais de recours, indépendamment de la réception de leur demande.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des délais de recours applicables aux agents publics, soulignant l'importance de respecter ces délais pour garantir l'accès à la justice administrative.