Résumé de la décision
Mme A B a demandé l'annulation de la décision du 9 avril 2021 par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a refusé de lui reconnaître un droit à pension de réversion suite au décès de son époux, M. B. Elle a soutenu avoir vécu en concubinage avec lui pendant plus de 19 ans et a évoqué des difficultés financières. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que le mariage, qui a eu lieu le 1er juillet 2017, n'a duré que 3 ans et 6 mois au moment du décès de M. B, soit moins de quatre années requises par la loi pour bénéficier d'une pension de réversion, et qu'aucun enfant n'était issu de cette union.
Arguments pertinents
1. Conditions de droit à pension de réversion : Le tribunal a rappelé que, selon l'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite, le droit à pension de réversion est subordonné à certaines conditions, notamment la durée du mariage. En l'espèce, le mariage de Mme B avec M. B n'a duré que 3 ans et 6 mois, ce qui est insuffisant pour remplir la condition de quatre années requise par la loi.
2. Inapplicabilité de la vie commune antérieure : Le tribunal a souligné que la période de concubinage antérieure au mariage ne peut pas être prise en compte pour le calcul de la durée exigée par la loi. Ainsi, même si Mme B et M. B avaient vécu ensemble pendant près de vingt ans, cela ne modifie pas les exigences légales relatives à la durée du mariage.
3. Absence d'enfants : Le tribunal a également noté qu'aucun enfant n'était issu de leur union, ce qui aurait pu constituer une exception à la règle de durée du mariage, renforçant ainsi la légitimité du refus de la pension de réversion.
Interprétations et citations légales
1. Conditions de la pension de réversion : L'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite stipule que :
- "Le droit à pension de réversion est subordonné à la condition [...] que le mariage ait duré au moins quatre années."
- Cette disposition est interprétée de manière stricte, excluant toute prise en compte de la vie commune antérieure au mariage.
2. Durée du mariage : Le tribunal a précisé que "le mariage des époux B a duré que 3 ans et 6 mois, soit moins de quatre années", ce qui est en contradiction avec les exigences légales.
3. Absence d'enfants : La loi précise également que le droit à pension de réversion est reconnu si "un ou plusieurs enfants sont issus du mariage". L'absence d'enfants dans le cas présent a été un facteur déterminant dans le rejet de la demande.
En conclusion, le tribunal a statué que Mme B ne pouvait pas revendiquer le droit à une pension de réversion en raison du non-respect des conditions légales, et a rejeté sa requête sans qu'il soit nécessaire d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par le ministre.