Résumé de la décision
L'association Egalité-Santé, l'association Avenir Santé Sud Haute-Marne, ainsi que plusieurs particuliers, ont déposé une requête le 29 juin 2023 pour demander l'annulation d'une décision annoncée par un communiqué de presse de l'agence régionale de santé du Grand Est, daté du 16 décembre 2022. Ce communiqué évoquait une réorganisation de l'offre de soins hospitalière dans le centre et le sud de la Haute-Marne, entraînant la suppression du plateau technique du pôle de santé de Langres. Le tribunal a rejeté la requête, considérant qu'elle était manifestement irrecevable, car le communiqué ne constituait pas une décision administrative susceptible de recours.
Arguments pertinents
1. Absence de décision administrative : Le tribunal a souligné que le communiqué de presse du 16 décembre 2022 ne constituait pas une décision administrative faisant grief. Il a été qualifié de simple information ou déclaration d'intention, sans effet juridique contraignant. Le tribunal a affirmé que "les intéressés ne produisent à l'appui de leur requête aucune décision susceptible de recours contentieux".
2. Irrecevabilité de la requête : En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a conclu que la requête était manifestement irrecevable. Il a précisé que la juridiction n'était pas tenue d'inviter les requérants à régulariser leur demande, car il n'existait pas de décision contestable.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet aux présidents de formation de jugement de rejeter des requêtes manifestement irrecevables. Le tribunal a appliqué le 4° de cet article, qui stipule que "les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : 4° Rejeter, les requêtes manifestement irrecevables". Cela a été la base juridique principale pour le rejet de la requête.
2. Nature du communiqué de presse : Le tribunal a interprété le communiqué comme une simple déclaration d'intention, sans valeur juridique. Cela soulève des questions sur la nature des communications administratives et leur capacité à constituer des décisions susceptibles de recours. Le tribunal a affirmé que "le communiqué du 16 décembre dernier constitue une simple information relative à la mise en œuvre de ce projet", ce qui souligne l'importance de la forme et du contenu des communications administratives dans le cadre du droit administratif.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des critères de recevabilité des recours en excès de pouvoir, en insistant sur la nécessité d'une décision administrative formelle pour engager une action en justice.