Résumé de la décision
Mme A B, ressortissante russe, a saisi le juge des référés pour demander l'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une carte de résident avec la mention "vie privée et familiale" ou, à défaut, de finaliser l'examen de son dossier dans un délai d'un mois, sous astreinte. Le préfet a répondu qu'un récépissé de demande de titre de séjour avait été délivré à Mme B, valable jusqu'au 20 février 2023, et que sa carte de séjour serait bientôt fabriquée. Le juge a considéré que les conclusions de la requête étaient devenues sans objet et a rejeté le surplus des demandes, sans allouer de frais à la charge de l'État.
Arguments pertinents
1. Absence de décision administrative préalable : Le juge a rappelé que, selon l'article L. 521-3 du code de justice administrative, il peut ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même sans décision administrative préalable. Cependant, il a précisé que le juge des référés ne peut pas enjoindre à l'administration de délivrer un titre de séjour, car cela dépasse le cadre des mesures provisoires.
2. Délivrance d'un récépissé : Le préfet a indiqué que Mme B avait reçu un récépissé de demande de titre de séjour, ce qui a été déterminant pour conclure que la demande d'enjoindre le préfet à finaliser l'examen du dossier était devenue sans objet. Le juge a donc considéré que la situation de la requérante était en cours de traitement et qu'il n'y avait plus lieu de statuer.
Interprétations et citations légales
- Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, sans décision administrative préalable. Toutefois, le juge a précisé que "le juge des référés qui, selon les dispositions de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire, d'enjoindre à l'administration de délivrer le titre de séjour sollicité" n'est pas dans ses prérogatives.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que les frais liés au litige peuvent être mis à la charge de l'État. Cependant, le juge a décidé qu'il n'y avait pas lieu d'allouer une somme à Mme B, considérant les circonstances de l'affaire.
En conclusion, la décision du juge des référés a été fondée sur l'absence d'urgence justifiant une intervention, ainsi que sur le fait que la situation de la requérante était déjà en cours de traitement par l'administration.