Résumé de la décision
M. A B, de nationalité tunisienne, a contesté un arrêté du préfet du Var daté du 17 avril 2023, qui fixait le pays de renvoi en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire. La requête a été enregistrée le 26 juin 2023, soit après l'expiration du délai de recours de deux mois. Le tribunal a jugé la requête tardive et irrecevable, la rejetant ainsi, y compris les demandes d'indemnisation au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que M. B avait été notifié de l'arrêté le 18 avril 2023 et qu'il avait deux mois pour contester cette décision, conformément à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La requête, enregistrée le 26 juin 2023, était donc tardive.
2. Irrecevabilité manifeste : En vertu de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, le tribunal a le pouvoir de rejeter les recours manifestement irrecevables. Dans ce cas, le délai de recours n'ayant pas été respecté, la requête a été considérée comme irrecevable.
3. Absence de couverture du délai : Le tribunal a noté que le placement en rétention de M. B, intervenu après la notification de l'arrêté, ne permettait pas de couvrir le délai de recours, ce qui a renforcé l'irrecevabilité de la requête.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que le président du tribunal administratif peut être saisi dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification d'une décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention. Cependant, dans le cas présent, M. B a été placé en rétention après la notification de l'arrêté, ce qui signifie que le délai de recours de deux mois, prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative, s'appliquait.
2. Irrecevabilité des recours : L'article R. 776-15 du code de justice administrative précise que les jugements peuvent être rendus sans conclusions du rapporteur public et que les recours manifestement irrecevables peuvent être rejetés par ordonnance. Cela a été appliqué dans le cas de M. B, dont la requête a été jugée tardive et donc irrecevable.
3. Notification des délais de recours : L'article R. 421-5 du code de justice administrative indique que les délais de recours ne sont opposables que s'ils ont été mentionnés dans la notification de la décision. Dans cette affaire, la notification de l'arrêté a été faite conformément aux exigences légales, et M. B n'a pas respecté le délai qui lui était imparti.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Nice a été fondée sur le non-respect des délais de recours, entraînant le rejet de la requête de M. B pour irrecevabilité manifeste.