Résumé de la décision
M. A B a déposé une requête le 13 février 2023 pour contester un arrêté du préfet de police daté du 10 février 2023, qui lui imposait une obligation de quitter le territoire français, refusait un délai de départ volontaire, fixait un pays de renvoi et prononçait une interdiction de retour de 24 mois. Le tribunal administratif a rejeté la requête, considérant qu'elle était manifestement tardive, car elle avait été enregistrée au-delà du délai de quarante-huit heures prévu par la loi.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 614-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai pour contester une obligation de quitter le territoire est de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. En l'espèce, l'arrêté a été notifié le 10 février 2023 à 14h55, et la requête a été enregistrée le 13 février 2023, soit après l'expiration de ce délai.
2. Absence de circonstances atténuantes : Le tribunal a noté que M. B n'a pas fourni d'éléments justifiant un empêchement à déposer sa requête dans le délai imparti, que ce soit par voie postale ou numérique. Cela a renforcé l'argument selon lequel la requête était tardive et donc irrecevable.
Interprétations et citations légales
1. Délai de quarante-huit heures : L'article L. 614-6 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que "lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure." Ce délai est strict et ne peut être prorogé, comme le précise l'article R. 776-5 du Code de justice administrative : "les délais de quarante-huit heures mentionnés (...) ne sont susceptibles d'aucune prorogation."
2. Notification et enregistrement : Le tribunal a fait référence à l'article R. 776-2 du Code de justice administrative, qui précise que "la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation." Cela souligne l'importance de la notification dans le déclenchement du délai de recours.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des délais de recours prévus par la loi, sans possibilité de prorogation, et sur l'absence de justification de la part du requérant pour son retard dans le dépôt de la requête.