Résumé de la décision
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Poitiers la réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021, en se fondant sur une délibération du conseil municipal de La Rochefoucauld-en-Angoumois qui exonérait partiellement de cette taxe les constructions de logements neufs d'un niveau élevé de performance énergétique. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la délibération ne s'appliquait qu'à partir de l'année 2022, rendant ainsi le moyen soulevé par Mme A inopérant pour l'imposition de 2021.
Arguments pertinents
1. Inopérance du moyen soulevé : Le tribunal a conclu que la délibération du 18 février 2021 ne pouvait pas être invoquée pour l'imposition de 2021, car elle ne s'appliquait qu'à partir de 2022. En vertu de l'article 1415 du Code général des impôts, l'imposition est établie selon les faits existant au 1er janvier de l'année d'imposition, ce qui exclut l'application de la délibération pour 2021.
2. Conditions d'application de la délibération : Le tribunal a rappelé que, selon l'article 1639 A bis du Code général des impôts, les délibérations exonératoires doivent être prises avant le 1er octobre pour être applicables à l'année suivante. La délibération en question ne remplissait pas cette condition pour l'année 2021.
Interprétations et citations légales
1. Application des exonérations fiscales : L'article 1380 du Code général des impôts stipule que "la taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées". L'article 1383 précise que les constructions nouvelles sont exonérées durant les deux années suivant leur achèvement, mais cela ne s'applique qu'aux constructions achevées avant le 1er janvier de l'année d'imposition.
2. Délai d'application des délibérations : L'article 1383-0 B bis du Code général des impôts permet aux communes d'exonérer de la taxe foncière, mais précise que "la délibération porte sur la part revenant à chaque commune" et doit être prise avant le 1er octobre pour être applicable l'année suivante. Cela souligne l'importance du respect des délais pour l'application des exonérations fiscales.
3. Règles de procédure : L'article R. 222-1 du Code de justice administrative permet au président du tribunal de rejeter des requêtes comportant des moyens inopérants. Dans ce cas, le tribunal a appliqué cette disposition pour rejeter la requête de Mme A, considérant que son argumentation ne pouvait pas aboutir en raison de l'inapplicabilité de la délibération à l'année d'imposition concernée.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Poitiers repose sur une interprétation stricte des délais et des conditions d'application des exonérations fiscales, confirmant que les requêtes doivent être fondées sur des bases juridiques valides et applicables au moment de l'imposition.