Résumé de la décision
M. B A, ressortissant guinéen, a demandé l'annulation d'un arrêté préfectoral du 12 juin 2023 qui refusait la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeait à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixait son pays de renvoi et l'interdisait de revenir en France pendant un an. La requête a été enregistrée le 9 novembre 2023. Le tribunal a rejeté la requête comme tardive, car le délai de recours de trente jours, qui a commencé à courir le 14 juin 2023, était expiré au moment de l'enregistrement de la demande.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que le délai de recours contentieux de trente jours, prévu par l'article R. 776-2 du code de justice administrative, a commencé à courir à compter de la notification de l'arrêté au requérant, soit le 14 juin 2023. Ce délai n'a pas été prorogé par la demande d'aide juridictionnelle déposée le 11 septembre 2023, qui est intervenue après l'expiration de ce délai.
2. Irrecevabilité de la requête : En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a conclu que la requête de M. A était manifestement irrecevable, car elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 776-2 du code de justice administrative : Cet article précise que "la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire [...] fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour". Cela signifie que le requérant doit agir dans ce délai pour que sa contestation soit recevable.
2. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet au président du tribunal de rejeter les requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régulariser. La décision de rejet de la requête de M. A s'appuie sur cette disposition, affirmant que le tribunal n'était pas tenu d'inviter le requérant à régulariser sa situation, étant donné que le délai de recours était déjà expiré.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Poitiers repose sur une application stricte des délais de recours prévus par le code de justice administrative, soulignant l'importance de respecter ces délais pour garantir l'accès à la justice.