Résumé de la décision
M. C B, détenu au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, a demandé l'annulation de la décision du 20 février 2020, par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a rejeté sa demande d'accès à des documents judiciaires le concernant, conservés au greffe de l'établissement. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l'administration pénitentiaire était en situation de compétence liée pour confier les documents mentionnant le motif d'écrou de M. B au greffe, conformément aux dispositions légales applicables.
Arguments pertinents
1. Compétence liée de l'administration : Le tribunal a souligné que l'administration pénitentiaire avait l'obligation de saisir et de déposer au greffe tout document mentionnant le motif d'écrou d'une personne détenue. En vertu de l'article 42 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, "les documents mentionnant le motif d'écrou de la personne détenue sont, dès son arrivée, obligatoirement confiés au greffe". Cela signifie que l'administration n'a pas de marge de manœuvre dans ce domaine.
2. Inopérance des moyens soulevés par le requérant : Le tribunal a constaté que la demande de M. B ne portait pas sur des documents autres que ceux mentionnant son motif d'écrou. Par conséquent, les arguments avancés par M. B pour contester la décision de rejet étaient inopérants, car ils ne remettaient pas en cause l'obligation légale de l'administration.
Interprétations et citations légales
1. Article 42 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 : Cet article stipule que "toute personne détenue a droit à la confidentialité de ses documents personnels" et précise que "les documents mentionnant le motif d'écrou de la personne détenue sont, dès son arrivée, obligatoirement confiés au greffe". Cela établit clairement le droit des détenus à consulter ces documents, tout en imposant une obligation à l'administration.
2. Article R. 57-6-2 du Code de procédure pénale : Cet article renforce le droit des détenus en précisant que "toute personne détenue a le droit de consulter, dans un local permettant d'en garantir la confidentialité, les documents mentionnant le motif de son écrou". Cela souligne l'importance de la confidentialité et du droit d'accès à l'information pour les détenus.
3. Obligation de l'administration : Le tribunal a interprété ces dispositions comme imposant à l'administration une obligation stricte de déposer les documents au greffe, sans possibilité de refus. Cela a conduit à la conclusion que la directrice interrégionale des services pénitentiaires était en situation de compétence liée, ce qui a été déterminant dans le rejet de la requête de M. B.
En somme, la décision du tribunal repose sur une interprétation rigoureuse des textes législatifs, affirmant le droit des détenus à l'accès à leurs documents judiciaires tout en soulignant l'obligation de l'administration pénitentiaire de respecter cette règle.