Résumé de la décision
La société Entreprise Georges Lanfry a saisi le tribunal administratif pour obtenir la condamnation in solidum de la société Art Staff et de M. B A à lui verser des sommes pour des travaux de reprise des désordres affectant l'enduit des façades d'un pavillon. La société Art Staff et M. B A ont contesté la requête, arguant de l'irrecevabilité pour défaut d'intérêt à agir et de la prescription de l'action. Le tribunal a rejeté la requête de la société Entreprise Georges Lanfry, considérant que la compétence pour connaître de ce litige relevait des juridictions judiciaires, et a également rejeté les demandes de frais de justice.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la juridiction administrative : Le tribunal a statué que l'action de la société Entreprise Georges Lanfry contre ses sous-traitants, en raison de désordres sur un marché public, relevait de la compétence des juridictions judiciaires. En effet, "l'action formée par la société Entreprise Georges Lanfry à l'encontre de ses sous-traitants [...] relève manifestement de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire".
2. Rejet des demandes de frais : Le tribunal a également précisé que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative empêchaient d'accorder des frais à la société requérante, tout en rejetant la demande de la société Art Staff sur le même fondement.
Interprétations et citations légales
1. Compétence des juridictions : L'article R. 222-1 du code de justice administrative stipule que les présidents de formation de jugement peuvent rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. En l'espèce, le tribunal a appliqué le 2° de cet article pour conclure à l'incompétence, affirmant que "l'action en responsabilité du titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé" ne relève pas de la juridiction administrative.
2. Frais de justice : L'article L. 761-1 du code de justice administrative précise que les frais irrépétibles ne peuvent être accordés que dans certaines conditions. Le tribunal a noté que "les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que soit versée à la société requérante la somme qu'elle demande sur ce fondement", ce qui souligne la rigueur des conditions d'octroi de tels frais.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des compétences juridictionnelles et des règles relatives aux frais de justice, confirmant ainsi la séparation des ordres de juridiction en matière de litiges liés à l'exécution des marchés publics.