Résumé de la décision
M. B C, retenu au centre de rétention administrative d'Oissel, a déposé une requête le 21 juillet 2023 pour demander l'annulation d'un arrêté du préfet de la Seine-Maritime en date du 30 octobre 2022, qui l'obligeait à quitter le territoire français, fixait son pays de renvoi et prononçait une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a rejeté cette requête en raison de son irrecevabilité manifeste, le délai de recours de quarante-huit heures étant expiré depuis longtemps.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Selon l'article R. 776-4 du Code de justice administrative, le délai de recours contre les décisions de placement en rétention administrative est de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. Dans ce cas, M. C a été réputé avoir eu connaissance de l'arrêté litigieux au plus tard le 31 octobre 2022, date à laquelle son premier recours a été enregistré.
2. Irrecevabilité du second recours : Le tribunal a souligné que, même si un premier recours avait été rejeté, M. C ne pouvait introduire un second recours que dans le délai de recours contentieux à compter de la date d'enregistrement du premier recours. Étant donné que ce délai était expiré à la date de la nouvelle requête, celle-ci a été jugée manifestement irrecevable.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 776-4 du Code de justice administrative stipule que "le délai de recours contentieux contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 en cas de placement en rétention administrative est de quarante-huit heures". Cette disposition est cruciale pour déterminer la recevabilité des recours en matière d'éloignement des étrangers.
2. Connaissance de la décision : L'article R. 776-15 du Code de justice administrative permet au magistrat de rejeter les recours manifestement irrecevables. La décision précise que "l'auteur d'un recours juridictionnel tendant à l'annulation d'une décision administrative doit être réputé avoir eu connaissance de la décision qu'il attaque au plus tard à la date à laquelle il a formé son recours". Cela souligne l'importance de respecter les délais de recours pour garantir l'efficacité du système judiciaire.
3. Limitation des recours : La décision rappelle que, après le rejet d'un premier recours, un second recours ne peut être introduit que dans le délai de recours contentieux à compter de l'enregistrement du premier. Cela est conforme à l'article L. 614-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui établit des règles strictes concernant les délais de recours.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Rouen repose sur une interprétation rigoureuse des délais de recours en matière d'éloignement des étrangers, soulignant l'importance de la connaissance des décisions administratives et le respect des délais pour la recevabilité des recours.