Résumé de la décision
M. B D a demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'un arrêté du préfet de la Moselle, qui le remettait aux autorités italiennes et lui interdisait de circuler sur le territoire français pendant deux ans. Cependant, le préfet a retiré cet arrêté le 20 février 2023, rendant la demande de suspension sans objet. Le juge a donc décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette demande. En revanche, il a accordé à M. D une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Absence d'objet de la demande : Le juge a constaté que l'arrêté contesté avait été retiré par le préfet, ce qui a rendu la demande de suspension sans objet. Il a affirmé : « Par suite, les conclusions de M. D tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer. »
2. Droit à réparation : Le juge a reconnu que, bien que la demande de suspension ne soit plus pertinente, M. D avait droit à une compensation pour les frais engagés dans le cadre de la procédure. Il a ainsi ordonné à l'État de verser une somme de 1 000 euros, en précisant que cela était justifié par les circonstances de l'espèce.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet de demander la suspension d'une décision administrative en cas d'urgence et d'illégalité manifeste. Dans cette affaire, bien que M. D ait initialement satisfait aux conditions d'urgence, le retrait de l'arrêté a rendu cette demande caduque.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que « dans tous les litiges, le juge peut condamner l'État à payer une somme au titre des frais exposés par une partie et non compris dans les dépens ». Le juge a appliqué cet article pour accorder une indemnisation à M. D, soulignant que les frais engagés étaient justifiés par la procédure.
En conclusion, la décision du juge des référés illustre l'importance de la mise à jour des circonstances juridiques dans le cadre des demandes de référé, ainsi que le droit à réparation pour les frais engagés, même lorsque la demande principale devient sans objet.