Résumé de la décision
Mme C A, agent public exerçant en tant que secrétaire médicale aux hôpitaux civils de Colmar (HCC), a contesté un changement d'affectation décidé par le directeur des HCC, qui l'a transférée à un autre service. Elle a demandé l'annulation de cette décision, ainsi que sa réintégration dans ses fonctions précédentes. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant que la décision contestée était une mesure d'ordre intérieur, insusceptible de recours, et qu'elle n'avait pas porté atteinte à ses droits ou prérogatives. Les conclusions de Mme A ont donc été déclarées irrecevables.
Arguments pertinents
1. Mesure d'ordre intérieur : Le tribunal a souligné que les décisions qui modifient l'affectation d'un agent public sans porter atteinte à ses droits, prérogatives, responsabilités ou rémunération sont considérées comme des mesures d'ordre intérieur. Il a précisé que "les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours".
2. Absence de sanction déguisée : Le tribunal a également noté que Mme A n'a pas prouvé que le changement d'affectation constituait une sanction déguisée, une discrimination ou un harcèlement moral. Il a conclu que "Mme A n'établit pas par les pièces qu'elle produit que cette réorganisation traduirait une sanction déguisée, une discrimination ou un harcèlement moral à son encontre".
3. Rejet des conclusions subsidiaires : En conséquence, les demandes d'injonction et de mise à la charge des HCC de frais ont été également rejetées, le tribunal n'ayant pas trouvé de fondement pour ces demandes.
Interprétations et citations légales
1. Mesures d'ordre intérieur : La décision s'appuie sur le principe selon lequel les mesures d'ordre intérieur ne sont pas susceptibles de recours en excès de pouvoir, sauf en cas de discrimination ou de harcèlement. Cela est en ligne avec la jurisprudence administrative qui établit que "les mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut" sont considérées comme des mesures d'ordre intérieur.
2. Code de justice administrative : Le tribunal a fait référence aux dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, qui stipule que "la perte de responsabilités ou de rémunération" est un critère déterminant pour qualifier une décision de mesure d'ordre intérieur. En l'espèce, le tribunal a constaté que le changement d'affectation de Mme A n'avait pas entraîné de telles pertes.
3. Protection fonctionnelle : La décision a également abordé la question de la protection fonctionnelle, en indiquant que la protection n'avait pas été mise en œuvre dans le cas de Mme A, ce qui a été un point soulevé dans ses arguments. Cependant, le tribunal a conclu que cela ne justifiait pas la contestation de la décision d'affectation.
En somme, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des mesures d'ordre intérieur et des droits des agents publics, en soulignant l'importance de la preuve dans les allégations de discrimination ou de harcèlement.