Résumé de la décision
M. A B, ressortissant bangladais, a contesté un arrêté du 9 juin 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a ordonné son assignation à résidence en vue de son éloignement vers la Suède. Il a demandé l'annulation de cet arrêté, arguant d'une insuffisance de motivation et d'un manque de justification des diligences pour organiser son départ. Le tribunal a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, mais a rejeté ses conclusions d'annulation, considérant que l'arrêté était suffisamment motivé et que la préfète n'était pas tenue de justifier des diligences pour l'éloignement.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : Le tribunal a jugé que l'arrêté attaqué mentionnait les considérations de droit pertinentes, notamment les dispositions de l'article L. 751-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a précisé que la préfète n'était pas obligée de détailler tous les éléments relatifs à la situation de M. B. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation a été écarté.
> "La décision attaquée vise les considérations de droit sur lesquelles elle se fonde, et notamment les dispositions de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile."
2. Diligences pour l'éloignement : Le tribunal a également rejeté l'argument selon lequel la préfète devait justifier des diligences pour organiser le départ de M. B. Il a souligné qu'une perspective raisonnable d'éloignement était suffisante, établie par l'existence d'un arrêté de transfert, sans qu'il soit nécessaire de prouver des diligences en cours.
> "L'existence d'une perspective raisonnable d'éloignement est suffisamment établie du seul fait de l'existence d'un arrêté de transfert."
Interprétations et citations légales
1. Aide juridictionnelle : La décision d'admettre M. B à l'aide juridictionnelle provisoire repose sur l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, qui permet cette admission en cas d'urgence. Le tribunal a considéré que la situation de M. B justifiait cette mesure.
> "Dans les cas d'urgence, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente, soit par la juridiction compétente ou son président." (Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 - Article 20)
2. Motivation des décisions administratives : L'article L. 751-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule les conditions dans lesquelles une mesure d'assignation à résidence peut être prise. Le tribunal a interprété que la mention de cet article dans l'arrêté était suffisante pour établir la légalité de la décision.
> "La préfète n'était pas tenue de faire état dans sa décision de l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé." (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 751-2)
En conclusion, le tribunal a statué en faveur de la légalité de l'arrêté d'assignation à résidence, tout en reconnaissant le droit de M. B à l'aide juridictionnelle provisoire, ce qui souligne l'importance de l'équilibre entre les droits des étrangers et les prérogatives de l'administration.