Résumé de la décision
Mme D B, représentante de la SCI La Bohême, a demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'un arrêté du 21 août 2023, par lequel la maire de Strasbourg a refusé d'accorder l'autorisation de changer la destination d'un logement à usage d'habitation. Cependant, l'arrêté contesté a été retiré par la maire le 22 novembre 2023, rendant les demandes de suspension et d'injonction sans objet. Le juge a donc décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur ces demandes et a rejeté les conclusions de Mme B concernant les frais de justice, en raison de l'absence de la SCI La Bohême en tant que partie à l'instance.
Arguments pertinents
1. Retrait de l'arrêté : Le juge a constaté que l'arrêté du 21 août 2023 avait été retiré par la maire de Strasbourg, ce qui a rendu les demandes de suspension et d'injonction sans objet. Cela souligne l'importance de l'actualité des décisions administratives dans le cadre des référés. Le juge a affirmé : « Par suite, les conclusions de Mme B tendant à la suspension de son exécution et à ce qu'il soit enjoint à la ville de Strasbourg de réexaminer la demande de la SCI La Bohême dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous une astreinte de 100 euros sont devenues sans objet. »
2. Frais de justice : Concernant les frais exposés, le juge a précisé que la SCI La Bohême, bien qu'elle soit la bénéficiaire de la demande, n'était pas partie à l'instance. En conséquence, il n'y avait pas lieu de condamner la ville de Strasbourg à verser une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Le juge a noté : « Il n'y a pas lieu à cette condamnation. »
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision administrative lorsque son exécution est susceptible de causer un dommage grave et immédiat. Dans cette affaire, la demande de suspension a été rendue sans objet par le retrait de l'arrêté.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge peut condamner la partie perdante à payer à l'autre partie une somme pour les frais exposés. Le juge a interprété cet article en précisant que, puisque la SCI La Bohême n'était pas partie à l'instance, il n'y avait pas lieu de condamner la ville à verser des frais. La décision a été fondée sur le principe que « le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. »
En conclusion, la décision du juge des référés a été fondée sur le retrait de l'arrêté contesté, rendant les demandes de Mme B sans objet, et sur l'absence de la SCI La Bohême en tant que partie à l'instance, ce qui a conduit au rejet des demandes de frais.