Résumé de la décision
M. D C, gérant de la Sarl Lignes d'Aujourd'hui, a demandé au juge des référés d'ordonner une expertise pour évaluer la perte d'exploitation subie par son commerce en raison des travaux de la 3ème ligne de métro à Toulouse. Tisséo Ingénierie, responsable des travaux, a accepté la désignation d'un expert. Le juge a ordonné une expertise pour la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024, précisant les missions de l'expert et les modalités de son intervention.
Arguments pertinents
1. Utilité de l'expertise : Le juge a souligné que l'expertise était nécessaire pour évaluer le préjudice économique potentiel subi par la Sarl Lignes d'Aujourd'hui en raison des travaux. Il a affirmé que "cette expertise sera utile pour la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024", ce qui justifie la décision d'ordonner l'expertise.
2. Mission de l'expert : L'ordonnance précise que l'expert doit "réunir tous documents appropriés à l'appréciation du chiffre d'affaires" et "déterminer si l'évolution du chiffre d'affaires constitue un préjudice économique ayant pour cause l'exécution des travaux". Cela montre l'importance d'une évaluation rigoureuse et documentée des impacts économiques des travaux sur l'activité commerciale.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures d'expertise "sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable". Cela souligne la flexibilité du juge dans l'ordonnance d'expertises, même sans décision administrative préalable, ce qui est crucial dans des situations où un préjudice économique est allégué.
2. Conditions de l'expertise : Les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative régissent les modalités de l'expertise. L'ordonnance stipule que l'expert doit rédiger des rapports intermédiaires et un rapport final, ce qui garantit une transparence et un suivi régulier de l'expertise.
3. Prise en charge des frais : L'article 5 de l'ordonnance précise que "les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance". Cela souligne le principe selon lequel la partie qui perd le litige peut être tenue de supporter les coûts de l'expertise, ce qui est une pratique courante en matière de contentieux administratif.
En conclusion, cette décision illustre l'application des principes de droit administratif en matière d'expertise judiciaire, en mettant l'accent sur la nécessité d'une évaluation précise des préjudices économiques dans le cadre de travaux publics.