Résumé de la décision
La société à responsabilité limitée Enduro a été déclarée responsable des préjudices subis par Mme A..., bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, par un jugement du tribunal d'instance de Bayonne du 15 février 2012. En conséquence, elle a été condamnée à rembourser les sommes avancées par l'État pour l'aide juridictionnelle. Après le rejet de sa contestation par le président de la cour d'appel de Pau, Enduro a demandé l'annulation du titre de perception émis par l'État en décembre 2013 ainsi que la décision de 2014. La juridiction administrative a saisi le Tribunal de la question de la compétence. La décision rendue a affirmé que le litige relevait de la compétence de la juridiction de l'ordre judiciaire.
Arguments pertinents
Le Tribunal a fondé sa décision sur des considérations de compétence qui découlent de la nature des créances de l'État. Il a observé que "la créance que l'État détient [...] trouve son fondement dans une décision de la juridiction judiciaire" et que ce litige est "indissociable de la décision judiciaire sur le fond" des dépens. Il a également souligné que "les mesures prises par les chefs de cour d'appel, en leur qualité d'ordonnateurs, se rattachent au fonctionnement du service public de la justice", faisant ainsi clairement ressortir que ce litige doit être traité par la juridiction judiciaire.
Interprétations et citations légales
Le Tribunal a analysé plusieurs textes de loi pour établir la compétence judiciaire dans cette affaire :
1. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 - Article 43 : "Lorsque la partie condamnée aux dépens [...] ne bénéficie pas de l'aide juridictionnelle, elle est tenue de rembourser au Trésor public les sommes exposées par l'État..." Ce passage souligne l’obligation de remboursement pour les parties condamnées qui n’ont pas droit à l’aide juridictionnelle.
2. Décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 - Article 123 : "La partie condamnée aux dépens qui ne bénéficie pas elle-même de l'aide juridictionnelle est tenue [...] de rembourser au Trésor [...]". Cela précise encore la charge de remboursement, renforçant la compétence judiciaire dans le litige.
3. Décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 - Article 128 : "Le titre de perception peut faire l'objet de la part du redevable d'une opposition." Ici, le Tribunal rappelle que les règles de l'opposition doivent être respectées, indiquant que la créance fait l'objet de voies de droit spécifiques, ce qui renforce le lien entre les décisions judiciaires et les actions administratives de recouvrement.
Ainsi, la décision a interprété que le lien entre la créance de l'État et le jugement qui a ordonné le remboursement d'aide juridictionnelle ancre le litige dans le domaine judiciaire, révélant un cadre juridique précis qui nécessite une intervention judiciaire pour résoudre ce type de conflit.