Résumé de la décision
La S.A.R.L. Andrea 69 a assigné en référé la S.A.R.L. Fanou Mode et sa caution solidaire, Madame [B] [I], pour obtenir la résiliation d'un bail commercial pour défaut de paiement des loyers. Le tribunal a constaté la résiliation du bail à la date du 21 décembre 2023, tout en mettant hors de cause la caution. La S.A.R.L. Fanou Mode a été condamnée à payer une somme provisionnelle de 14 791,01 euros, avec la possibilité de régler cette somme en 24 mensualités de 616,30 euros. Les demandes de la société Fanou Mode concernant la suspension de la clause résolutoire et la nullité du cautionnement ont été partiellement acceptées, tandis que la demande de clause pénale a été rejetée. La société Fanou Mode a également été condamnée aux dépens et à verser 800 euros à la S.A.R.L. Andrea 69 au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile.
Arguments pertinents
1. Résiliation du bail : Le tribunal a constaté la résiliation du bail commercial pour défaut de paiement, en se basant sur le commandement de payer délivré le 20 novembre 2023. La décision souligne que la société Fanou Mode n'a pas respecté ses obligations contractuelles, ce qui justifie la résiliation.
> "Il convient de constater la résiliation du bail pour défaut de paiement des causes du commandement dans le délai d’un mois."
2. Caution solidaire : La cour a mis hors de cause Madame [B] [I], en raison de la nullité de son engagement de caution, qui ne respectait pas les exigences légales, notamment l'absence de mention manuscrite.
> "L’engagement de caution a été donné lors de la prise du bail au mois de juin 2021, et doit donc répondre aux dispositions des articles L331-1 et suivants du Code de la Consommation."
3. Délai de paiement : Le tribunal a accordé à la S.A.R.L. Fanou Mode un délai de paiement de 24 mois, en tenant compte de ses difficultés financières, ce qui montre une volonté de conciliation et de préservation de l'activité commerciale.
> "Il convient de faire droit à la demande de délais de paiement visant à payer la somme mensuelle de 500 euros."
4. Clause pénale : La demande de la S.A.R.L. Andrea 69 concernant l'application de la clause pénale a été rejetée, le tribunal estimant que seul le juge du fond pouvait en décider.
> "La demande formée au titre de l’application de la clause pénale est rejetée, dès lors que seul le juge du fond a toujours la possibilité de la moduler."
Interprétations et citations légales
1. Engagement de caution : La décision s'appuie sur le Code de la Consommation, notamment les articles L331-1 et suivants, qui imposent des conditions strictes pour la validité des engagements de caution. L'absence de mention manuscrite de la caution a conduit à la nullité de l'engagement.
> Code de la Consommation - Article L331-1 : "L'engagement de caution doit être donné par écrit et comporter une mention manuscrite de la part du caution."
2. Clause résolutoire : La résiliation du bail a été justifiée par le non-respect des obligations contractuelles, conformément aux stipulations du bail et aux dispositions du Code civil.
> Code civil - Article 1184 : "La résolution de la convention peut être demandée en cas d'inexécution de l'une des obligations."
3. Délai de paiement : Le tribunal a fait preuve de souplesse en accordant des délais de paiement, ce qui est en ligne avec l'article 1244-1 du Code civil, qui permet au juge d'accorder des délais pour le paiement des créances.
> Code civil - Article 1244-1 : "Le juge peut accorder des délais pour le paiement des créances."
4. Frais irrépétibles : La condamnation de la S.A.R.L. Fanou Mode à verser 800 euros à la S.A.R.L. Andrea 69 est fondée sur l'article 700 du Code de Procédure Civile, qui permet au juge d'allouer une somme à la partie gagnante pour couvrir ses frais.
> Code de Procédure Civile - Article 700 : "Le juge peut condamner la partie perdante à payer