Résumé de la décision
La Cour d'appel d'Aix-en-Provence, par le biais du juge de l'exécution, a examiné le litige opposant Madame [D] [Y] à la SASU PHH1 concernant l'expulsion de cette dernière d'un appartement loué. Suite à un jugement antérieur qui a résilié le bail et ordonné l'expulsion, Madame [D] [Y] a demandé un délai de 12 mois pour quitter les lieux, invoquant des difficultés personnelles et financières. La SASU PHH1 s'est opposée à cette demande en raison de la dette locative importante. Le juge a finalement débouté Madame [D] [Y] de sa demande, considérant que les circonstances ne justifiaient pas un délai supplémentaire.
Arguments pertinents
1. Application des articles du Code des procédures civiles d'exécution : Le juge a rappelé que, selon l'article R412-4 du Code des procédures civiles d'exécution, toute demande de délai formée après la signification d'un commandement de quitter les lieux doit être portée devant le juge de l'exécution. L'article L412-3 précise que le juge peut accorder des délais aux occupants, mais cela dépend de la situation de chacun.
2. Évaluation de la situation de l'occupante : Le juge a pris en compte la situation personnelle de Madame [D] [Y], notamment son âge, sa situation familiale, ses ressources limitées et ses démarches de relogement. Cependant, il a noté qu'elle n'avait pas effectué de paiements significatifs de loyer, ce qui a contribué à une dette locative de 26.646,81 euros au 1er mai 2024.
3. Refus de loger gratuitement : Le juge a souligné qu'il n'appartient pas à la SASU PHH1 de loger gratuitement Madame [D] [Y], même si elle est un loueur professionnel. Cela a été un facteur déterminant dans le rejet de la demande de délai.
Interprétations et citations légales
1. Code des procédures civiles d'exécution - Article R412-4 : Cet article stipule que toute demande de délai doit être portée devant le juge de l'exécution après la signification d'un commandement d'avoir à libérer les locaux. Cela établit le cadre procédural pour les demandes de délais.
2. Code des procédures civiles d'exécution - Article L412-3 : Cet article permet au juge d'accorder des délais aux occupants, mais il précise que cela doit être fait en tenant compte de la bonne ou mauvaise volonté de l'occupant, ainsi que de divers facteurs personnels. Le juge a noté que "la durée des délais prévus à l'article L. 412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an", ce qui encadre la décision du juge.
3. Évaluation des circonstances : Le juge a pris en compte les circonstances personnelles de Madame [D] [Y], mais a conclu que "ces éléments justifient le rejet de la demande de délais pour quitter les lieux formée par [D] [Y]". Cela montre que, malgré des circonstances difficiles, la situation financière et l'absence de paiement ont pesé lourdement dans la décision.
En conclusion, la décision du juge de l'exécution repose sur une analyse équilibrée des droits des parties, en tenant compte des dispositions légales et des circonstances personnelles de l'occupante, tout en affirmant le droit du propriétaire à récupérer son bien.