Résumé de la décision
Le Tribunal Judiciaire de Bordeaux a rendu une ordonnance de référé le 24 juin 2024, suite à une demande de Madame [J] [R] visant à étendre les opérations d'expertise judiciaire concernant des travaux de rénovation d'une maison. L'expertise avait été ordonnée par un précédent jugement en août 2022, et Madame [J] [R] souhaitait que la SAS TEMSOL, qui avait réalisé des sondages, soit incluse dans cette expertise. Le tribunal a décidé que les opérations d'expertise seraient communes et opposables à la SAS TEMSOL, qui devra y participer, tout en précisant que cette décision ne modifie pas la mission de l'expert et que les frais de la procédure restent à la charge de Madame [J] [R].
Arguments pertinents
1. Existence d'un motif légitime : Le tribunal a souligné que, selon l'article 145 du Code de procédure civile, il est possible d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès si un motif légitime existe pour conserver et établir la preuve des faits. La nécessité d'inclure la SAS TEMSOL dans l'expertise a été justifiée par le fait que ses conclusions pourraient être erronées en raison des sondages réalisés.
2. Intérêt légitime : Madame [J] [R] a démontré un intérêt légitime à faire étendre les opérations d'expertise, ce qui a été reconnu par le tribunal. Le juge a noté que les pièces versées aux débats, notamment les courriers de l'expert et le rapport d'investigations de la SAS TEMSOL, justifiaient cette mise en cause.
3. Dépens à la charge de la demanderesse : Le tribunal a décidé que les dépens seraient laissés à la charge de Madame [J] [R], sauf si elle choisit de les inclure dans son éventuel préjudice global, ce qui est conforme à la pratique en matière de référé.
Interprétations et citations légales
1. Article 145 du Code de procédure civile : Cet article permet au juge d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès si un motif légitime existe. La décision du tribunal s'appuie sur cette disposition pour justifier l'extension de l'expertise à la SAS TEMSOL, affirmant que "la mise en cause de la SAS TEMSOL est nécessaire pour la poursuite des opérations d'expertise".
2. Article 149 du Code de procédure civile : Cet article stipule que le juge peut à tout moment accroître ou restreindre l'étendue des mesures prescrites. Le tribunal a utilisé cette flexibilité pour inclure la SAS TEMSOL dans l'expertise, affirmant que "le juge peut à tout moment accroître ou restreindre l’étendue des mesures prescrites".
3. Conséquences de la décision : La décision précise que "la présente décision sera caduque dans l’hypothèse où l’expert aurait déjà déposé son rapport", ce qui souligne l'importance de la temporalité dans les procédures d'expertise.
En somme, cette ordonnance illustre l'application des principes de nécessité et d'équité dans le cadre des procédures d'expertise judiciaire, tout en respectant les droits des parties impliquées.