Résumé de la décision
Dans le cadre d'une procédure engagée par Madame [H] [S] [C] contre la S.A. ICF HABITAT SUD-EST MÉDITERRANÉE SA D’HLM, le Tribunal judiciaire de Marseille a rendu un jugement le 30 mai 2024. Ce jugement a déclaré nul le commandement de quitter les lieux signifié à Madame [C] le 20 février 2024, en raison de l'absence de mise en demeure préalable. Le tribunal a également constaté que la demande de Madame [C] était devenue sans objet et a condamné la société ICF HABITAT SUD EST aux dépens de l'instance, sans application de l'article 700 du code de procédure civile.
Arguments pertinents
1. Absence de mise en demeure : Le tribunal a souligné que la société ICF HABITAT SUD EST n'a pas fourni la preuve d'une mise en demeure préalable à Madame [C], ce qui est requis pour que la clause résolutoire du bail puisse être appliquée. En effet, le juge a précisé que "la clause résolutoire reprendra tous ses effets" uniquement après une mise en demeure restée infructueuse.
2. Nullité du commandement : En conséquence de l'absence de mise en demeure, le tribunal a jugé que la société n'avait pas la qualité de créancière munie d'un titre exécutoire, entraînant la nullité du commandement de quitter les lieux. Le jugement a ainsi affirmé que "le commandement de quitter les lieux du 20 Février 2024 doit être déclaré nul".
Interprétations et citations légales
1. Article L211-1 du Code des procédures civiles d'exécution : Cet article stipule que "tout créancier, muni d'un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible, peut, pour en obtenir le paiement, saisir entre les mains d'un tiers, les créances de son débiteur portant sur une somme d'argent". Dans cette affaire, le tribunal a interprété que la société ICF HABITAT SUD EST ne pouvait pas se prévaloir de cet article en l'absence d'une mise en demeure préalable.
2. Conditions de la clause résolutoire : Le tribunal a également fait référence à l'ordonnance de référé du 27 juillet 2023, qui stipule que "en cas de défaut de paiement d’une seule des échéances et après une mise en demeure demeurée infructueuse, la clause résolutoire reprendra tous ses effets". Cette condition n'ayant pas été respectée, le tribunal a conclu à la nullité du commandement.
3. Article 700 du Code de procédure civile : Le tribunal a décidé qu'il n'y avait pas lieu à l'application de cet article, qui permet de condamner la partie perdante à payer une somme au titre des frais exposés par l'autre partie. Le jugement a ainsi précisé que "n’y avoir lieu à application de l’article 700 du code de procédure civile".
En somme, le tribunal a fondé sa décision sur le non-respect des procédures légales par le bailleur, ce qui a conduit à la protection des droits de la locataire dans un contexte de vulnérabilité.