Résumé de la décision
Dans sa décision du 9 janvier 2020, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la requête de M. A..., qui demandait l'annulation d'une ordonnance du président du tribunal administratif de Bordeaux du 30 juillet 2019. M. A... contestait le rejet de sa demande de première instance, affirmant que les pièces qu'il avait produites étaient correctement répertoriées. La cour a constaté que les exigences procédurales relatives à la présentation des pièces jointes à la requête n'avaient pas été respectées, entraînant ainsi l'irrecevabilité de la requête initiale.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande initiale : La cour a souligné que M. A... avait joint un fichier unique contenant plusieurs pièces, ce qui était en contradiction avec les prescriptions de l'article R. 414-3 du code de justice administrative. Celui-ci stipule que "les pièces jointes sont présentées conformément à l'inventaire qui en est dressé", ce qui implique qu'elles doivent être distinctement identifiées par des signets.
2. Absence de régularisation : La cour a effectué le constat qu'une demande de régularisation avait été formulée à M. A... mais que celui-ci n'avait pas répondu dans le délai imparti, ce qui a entraîné le rejet de sa demande en première instance : "La demande n'ayant pas été régularisée, M. A... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que sa demande de première instance a été rejetée comme manifestement irrecevable."
3. Application de l'article R. 222-1 : La cour s'est fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter la requête d'appel, précisant que les ordonnances peuvent être prises pour rejeter des requêtes manifestement irrecevables.
Interprétations et citations légales
Article R. 414-3 du code de justice administrative
Ce texte impose que les pièces jointes à une requête soient présentées de manière distincte et répertoriées par des signets. L'irrecevabilité est une sanction de l'inobservation de cette règle, car "le respect de ces obligations est prescrit à peine d'irrecevabilité de la requête".
Article R. 611-8-2 du code de justice administrative
Il précise que les notifications de régularisation sont réputées avoir été lues, ce qui implique que le requérant est supposé être informé des exigences procédurales. Dans cette affaire, la cour retient que M. A... était en connaissance de cause des manquements à corriger, ce qui alimente la décision de rejet : "une demande de régularisation dans un délai de quinze jours a été adressée au conseil du requérant, par le biais de l'application 'Télérecours'… réputé avoir été lu."
Conclusion
La décision de la cour démontre l'importance cruciale du respect des règles de procédure, en particulier en matière de présentation des pièces justificatives. Le non-respect de ces règles limite l'accès à la justice et peut entraîner le rejet de demandes, illustrant ainsi les implications des formalités procédurales dans le cadre du contentieux administratif.