Résumé de la décision
Dans le jugement n° 14BX00692 rendu le 31 décembre 2013, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté la demande de M. A..., qui sollicitait l’annulation d’un précédent jugement du tribunal administratif de Bordeaux et la réparation de préjudices financiers à hauteur de 173 045,68 euros. M. A... avait été exclu de l’école de transition opérationnelle de Cazaux en raison de ses résultats jugés insuffisants, et il contestait tant cette exclusion que le refus de sa réorientation vers une formation alternative de pilote de transport. La cour a déterminé que la décision d’exclusion, bien que déclarée illégale, ne causait pas de préjudice direct et certain à M. A..., et a considéré que les allégations de harcèlement moral n'étaient pas substantiées.
Arguments pertinents
1. Illégalité de la Décision : Le tribunal a reconnu que la décision du 9 janvier 2004, qui avait entraîné l’arrêt de la formation de M. A..., était illégale en raison d’un défaut de publication de la circulaire sur laquelle elle s’appuyait. Cependant, la cour a noté que l'illégalité ne suffisait pas à établir une responsabilité juridique, "la faute commise par l'administration en prenant cette décision illégale n'est pas à l'origine des préjudices résultant pour M. A...".
2. Preuve de Préjudice : Il a été constaté que les insuffisances dans les aptitudes de M. A... en vol justifiaient l’arrêt de sa formation. Le conseil d'examen de progression a signalé une "incapacité à mettre à profit ses erreurs antérieures et à progresser", ce qui indique que c'est la qualité de sa formation et non l'illégalité administrative qui a causé son exclu.
3. Absence de Harcèlement Moral : M. A... a invoqué un harcèlement moral basé sur son affectation à des tâches jugées vexatoires, mais "il n'apporte aucune précision ni aucun justificatif à l'appui de ses allégations relatives à l'existence d'un tel comportement."
Interprétations et citations légales
1. Responsabilité de l'État : La cour a fait référence à la nécessité d'un préjudice direct et certain pour engager la responsabilité de l'État : "l'illégalité de cette décision constitue en principe une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, pour autant toutefois qu'elle ait été à l'origine d'un préjudice direct et certain."
2. Pas d'Illégalité Justifiant Réparation : En ce qui concerne le refus de réorientation de M. A..., le jugement du 20 septembre 2007 avait déjà écarté la demande d’annulation de la décision du ministre de la défense, affirmant que M. A... "n'apporte à l'appui de ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat à réparer les conséquences de la décision considérée sur sa situation aucun élément de nature à en établir l'illégalité fautive."
3. Application de l'Article L. 761-1 : Les conclusions de M. A... concernant les frais n'ont pas été acceptées au titre de l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, car "ces dispositions font obstacle à ce soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance."
Citation légale
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que la partie perdante est généralement condamnée à payer les frais non compris dans les dépens, ce qui n'est pas le cas ici puisqu'il a été déterminé que l'État n'était pas la partie perdante.