Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant haïtien, a déposé une requête devant le tribunal administratif de la Guyane pour contester un arrêté préfectoral du 3 mai 2019 lui refusant un titre de séjour et ordonnant son expulsion. Le tribunal a rejeté sa demande comme manifestement irrecevable en raison d'un non-respect des règles de présentation des pièces jointes dans sa requête. En appel, la cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé cette décision, constatant que M. D... n’avait pas régularisé sa requête malgré une invitation à le faire. La cour a ainsi rejeté l'appel, considérant qu'il était manifestement dépourvu de fondement.
Arguments pertinents
1. Manifestation d'irrecevabilité : L’ordonnance du tribunal a été fondée sur une non-conformité formelle de la requête de M. D..., y compris un défaut dans la présentation des pièces jointes. La cour a affirmé que, conformément à l'article R. 414-3 du Code de justice administrative, "lorsque le requérant transmet, à l'appui de sa requête, un fichier unique comprenant plusieurs pièces, chacune d'entre elles doit être répertoriée par un signet".
2. Regard sur la régularisation : Bien que M. D... ait été invité à régulariser sa demande en respectant les exigences définies par le tribunal, il a omis de le faire dans le délai imparti. La cour a noté que cette omission justifiait le rejet de sa requête comme manifestement irrecevable, respectant ainsi les procédures administratives établies.
Interprétations et citations légales
- La première citation légale pertinente provient de l'article R. 414-1 du Code de justice administrative, stipulant que "lorsqu'elle est présentée par un avocat (...), la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être adressée à la juridiction par voie électronique". L'impératif de respecter cette procédure démontre l'importance accordée à la régularité formelle des requêtes en matière administrative.
- L'article R. 414-3 du même code stipule également que "les pièces jointes sont présentées conformément à l'inventaire". La cour a souligné que cette obligation est essentielle pour l'irrecevabilité de la requête, confirmant ainsi que les règles de procédure doivent être strictement observées.
- En applicatif de l'article R. 612-1, il a été noté que "lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser". Cela souligne le droit du requérant à disposer d'une opportunité pour rectifier une éventuelle irrégularité.
En somme, cette décision met en avant le strict respect des formalités dans les démarches judiciaires administratives, en insistant sur les conséquences juridiques d'une présentation non conforme des pièces, ainsi que l'importance des délais accordés pour la régularisation des requêtes.