Résumé de la décision
M. B...C..., de nationalité haïtienne, a contesté une décision du préfet de la Guadeloupe qui refusait la délivrance d'un titre de séjour "vie privée et familiale" en 2015, en raison de son ancienneté sur le territoire et de son lien avec son enfant français. Le tribunal administratif de la Guadeloupe a confirmé ce refus par un jugement du 21 juillet 2016, que M. C... a ensuite contesté en appel. La cour a rejeté sa requête, confirmant que M. C... ne prouvait pas sa contribution à l'éducation de son enfant et que le préfet avait agi en conformité avec la loi.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve de présence continue : Le juge de la cour a souligné que M. C... n'a pas fourni de preuves suffisantes pour établir sa présence en France avant 2013, ce qui est essentiel pour prouver une résidence continue. Les seules pièces qu’il a produites ne suffisent pas à démontrer qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant.
> « Il ne produit aucun justificatif de nature à établir sa présence en France avant 2013 ».
2. Insuffisance des attestations fournies : Malgré la soumission d’actes administratifs, le requérant n’a pas démontré que sa contribution était effective. Les attestations et récépissés de virement n'ont pas prouvé une prise en charge réelle de l'entretien de l'enfant.
> « Il n'établit pas davantage une telle contribution en appel par la seule production complémentaire d'une attestation de Mme D... ».
3. Lien avec le pays d'origine : La cour a noté que M. C... maintient des liens avec Haïti, notamment la présence d'un autre fils mineur, ce qui renforce l'argument selon lequel il n'est pas en situation de devoir rester en France en raison de l'absence de contraintes familiales exclusives.
> « M. C...conserve des attaches familiales en Haïti, et notamment un fils mineur âgé de dix ans à la date de l'arrêté contesté ».
Interprétations et citations légales
1. Article L. 313-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article décrit les conditions dans lesquelles un étranger peut obtenir un titre de séjour temporaire pour des raisons familiales. Il stipule que pour être éligible, des preuves de contribution à l'entretien de l'enfant doivent être fournies.
> « Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit [...] à l'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant ». (Code de l'entrée et du séjour des étrangers - Article L. 313-11)
2. Article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Cet article, qui garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, est mis en balance avec les raisons d'une éventuelle expulsion. La cour a estimé que l'arrêté préfectoral ne portait pas une atteinte disproportionnée à ce droit.
> « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale [...] Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que si cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire ». (Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme - Article 8)
En somme, la décision souligne l'importance de fournir des preuves concrètes et crédibles lorsqu'il s'agit de justifier une demande de titre de séjour pour des raisons familiales, tout en respectant les dispositions applicables tant au niveau national qu'international.