Résumé de la décision
M. D..., représenté par son avocat, a introduit une requête devant la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux pour obtenir l'annulation d'une ordonnance du tribunal administratif de Mayotte, rendue le 28 janvier 2017. Cette ordonnance avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral lui imposant une obligation de quitter le territoire français et fixant son pays de renvoi. M. D... sollicitait également des injonctions à l'égard du préfet de Mayotte, ainsi qu'une indemnisation de 2 000 euros. La cour a rejeté la requête, concluant qu'elle n'était pas compétente pour connaître de l'appel, lequel devait être dirigé vers le Conseil d'État.Arguments pertinents
1. Incompétence de la cour : Le préfet de Mayotte a fait valoir que l'ordonnance du juge des référés n'était pas susceptible d'appel devant la cour, mais devait être portée devant le Conseil d'État, conformément à l'article L. 523-1 du Code de justice administrative. La Cour a corroboré cette position, notant que seules les décisions prises en application de l'article L. 521-2 sont susceptibles d'appel devant le Conseil d'État.2. Rejet des conclusions de M. D... : La cour a souligné que, du fait de l'incompétence pour connaître de l'ordonnance contestée, les conclusions de M. D..., visant à obtenir une injonction, une astreinte ou des frais de procès, devaient également être rejetées.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du Code de justice administrative : Cet article précise que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. Cet alinéa établit le cadre juridique dans lequel M. D... a saisi le tribunal administratif, mais il précise aussi que seuls les motifs d'urgence et de protection de droits fondamentaux y sont pris en compte.2. Article L. 523-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que "Les décisions rendues en application de l'article L. 521-2 sont susceptibles d'appel devant le Conseil d'Etat dans les quinze jours de leur notification." Cette disposition a été utilisée par la cour pour justifier sa décision d'incompétence dans le cas présent.
3. Article R. 522-8-1 du Code de justice administrative : Ce texte permet au juge des référés de décliner sa compétence par ordonnance. La Cour a mentionné que cette disposition était appliquée, rendant inévitable le rejet de la requête de M. D... pour défaut de compétence.
Cette décision souligne l'importance de la hiérarchie des juridictions administratives et la nécessité pour les requérants de s'adresser directement à la juridiction compétente pour contester les décisions rendues par les juges des référés.