Résumé de la décision
Dans cette affaire, le préfet de la Charente a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Poitiers qui avait annulé un arrêté du 4 octobre 2016, notifiant à M. A... un refus de titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français. Entre-temps, cet arrêté a été abrogé par un nouvel arrêté du 19 octobre 2016, ce qui a rendu la demande de M. A... sans objet. La cour a donc annulé le jugement du tribunal administratif en tant qu'il s'est prononcé sur la demande d'annulation, mais a également statué sur les demandes de M. A..., rejetant celles-ci notamment en matière d'injonction.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le préfet soutient que la requête de M. A... était irrecevable en raison de l'abrogation de l'arrêté du 4 octobre 2016 par l'arrêté du 19 octobre 2016. La cour considère que, en effet, puisque l'arrêté est devenu sans objet, le tribunal aurait dû constater qu'il n'y avait plus lieu de statuer. La cour affirme : "les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A... étaient devenues sans objet".
2. Conditions d'octroi du titre de séjour : Le préfet a également fait valoir que M. A... ne remplissait pas les conditions requises par l'article L. 313-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de demande de titre de séjour étudiant. La cour a rejeté les conclusions de M. A... pour injonction de délivrance de titre de séjour, indiquant que cela ne saurait découler de l'annulation de l'arrêté.
3. Droit au respect de la vie privée et familiale : Évoquant l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, le préfet a argué que M. A..., ayant fourni de faux documents, ne pouvait prétendre à une véritable intégration. La cour a consacré la position du préfet, considérant que l'arrêté n'enfreignait pas le droit au respect de la vie privée.
Interprétations et citations légales
1. Abrogation et effet sur les conclusions : L'article L. 521-4 du Code de justice administrative stipule que “le juge peut constater que la demande est devenue sans objet”. La cour utilise cette disposition pour indiquer que puisque l'arrêté initial a été abrogé avant le jugement, il n'y avait plus matière à statuer sur sa légalité.
2. Conditions d'octroi d'un titre de séjour : Selon l'article L. 313-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conditions d'octroi d'un titre de séjour étudiant sont strictement encadrées. Le préfet avait raison d'indiquer que M. A... ne remplissait pas ces conditions, soulignant l'importance des preuves requises pour établir un droit au séjour.
3. Protection de la vie privée : En référence à l'article 8 de la Convention européenne, la cour souligne que le droit au respect de la vie privée et familiale ne peut être invoqué lorsque l'individu ne démontre pas une intégration suffisante dans la société.
En résumé, la décision de la cour repose sur une analyse rigoureuse des faits, des textes réglementaires applicables et des droits en jeu, confirmant que l'abrogation prédécente de l'arrêté avait pour effet d'annuler l'objet de la requête initiale ayant conduit au jugement contesté.