Résumé de la décision
La Cour a été saisie d’un appel par Mme Duran, suite à un jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui avait rejeté sa demande de décharge concernant des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu pour l’année 2006. Après son décès en 2014, sa fille, Mme F... Duranépouse D..., a repris l’instance pour obtenir la décharge des impositions et la restitution d’une somme de 134 700 euros. La Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant la demande de décharge, considérant que les revenus en litige provenaient d’une activité illégale à laquelle Mme Duran avait participé.
Arguments pertinents
1. Association à l'activité fiscale : La Cour a jugé que Mme Duran était non seulement au courant mais également active dans l’activité professionnelle de son époux, M. E... Duran, en tant que faussaire. Le tribunal a affirmé que les sommes sur son compte étaient issues des contrefaçons. Cela démontre que les revenus doivent être traités comme des bénéfices non commerciaux.
- Citation : « il ressort des éléments versés au dossier [...] que Mme Duran était étroitement associée à l’activité de faussaire exercée par son époux ».
2. Mauvaise foi avérée : La Cour a établi que l’administration fiscale avait suffisamment prouvé la mauvaise foi de Mme Duran, entraînant ainsi l’application d’amendes fiscales.
- Citation : « l’administration établit, comme elle en a la charge, la mauvaise foi de Mme A.... »
3. Frais de justice : La requête au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative a été rejetée car l'État n'était pas considéré comme la partie perdante.
- Citation : « Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’État [...] la somme que demande la requérante au titre des frais exposés par elle ».
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 92 : Cet article définit les revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, incluant ainsi les bénéfices des professions libérales. Dans cette affaire, la Cour a interprété que les revenus générés par l’activité frauduleuse de Mme Duran avec son époux étaient bien des revenus de ce type, justifiant l'imposition.
- Citation : « Sont considérés comme provenant de l’exercice d’une profession non commerciale [...] toutes occupations, exploitations lucratives [...] »
2. Code général des impôts - Article 1729 : Les règles concernant la majoration des sanctions en cas de mauvaise foi sont essentielles. La Cour a validé l’application de cette majoration dans le cas de Mme Duran, confirmant que l’administration fiscale avait raison d’accuser une dissimulation délibérée de ses revenus.
- Observation : L’application de cette majoration repose donc sur la preuve de la volonté de frauder, qui a été clairement apportée dans ce dossier, illustrant la rigueur avec laquelle les autorités fiscales peuvent agir contre les infractions.
Ainsi, la décision de la Cour se fonde sur des preuves tangibles d’une implication active de la requérante dans une activité illégale, entraînant une conclusion sans équivoque sur sa responsabilité fiscale.