Résumé de la décision
Mme A...B..., de nationalité russe, a contesté un jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et lui imposant une obligation de quitter le territoire français. La cour a confirmé la décision du tribunal administratif, estimant que le refus de séjour n'était pas disproportionné par rapport à la situation personnelle de Mme B..., qui ne justifiait ni d'attaches en France ni d'une inscription dans un parcours d'intégration. La cour a aussi écarté les arguments tirés des conventions internationales invoquées pour défendre les droits de ses enfants.
Arguments pertinents
1. Absence de justification d'attaches en France : La cour a indiqué que Mme B... ne justifiait pas d'anciennes attaches avec un concubin incarcéré ni d'une ancienneté suffisante de vie commune. En outre, elle n'a pas présenté de projet d'intégration en France, comme une formation ou une scolarité.
> "Mme B... ne justifie pas de son intégration, et ne fait état d'aucun projet de formation professionnelle et n'indique ni avoir été scolarisée en France ni avoir suivi des cours de français."
2. Intérêt supérieur de l'enfant : Concernant les droits de ses enfants, la cour a statué que la séparation n'aurait pas d'impact négatif significatif sur leur bien-être, car le père, incarcéré, ne contribuait pas à leur éducation.
> "Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté."
3. Absence d'atteinte à la vie privée et familiale : Il a été jugé que le refus de titre de séjour ne portait pas atteinte disproportionnée au droit de Mme B... au respect de sa vie privée et familiale.
> "Le refus de séjour n'a porté aucune atteinte disproportionnée au droit de Mme B...au respect de sa vie privée et familiale..."
Interprétations et citations légales
1. Droit au respect de la vie privée et familiale :
- Convention européenne des droits de l'homme - Article 8 : Cet article, qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale, a été appliqué avec prudence. La cour a estimé que la situation de Mme B... ne justifiait pas une sanction d'invalidité de l'arrêté préfectoral.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Ce texte stipule les conditions sous lesquelles une admission exceptionnelle peut être accordée aux étrangers. La cour a noté que Mme B... ne satisfaisait pas à ces conditions.
2. Intérêt supérieur de l'enfant :
- Convention des droits de l'enfant - Article 3-1 : La cour a précisé que le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant est fondamental dans les décisions portant sur leur situation. Cependant, la cour a jugé que les décisions prises n'avaient pas d'impact négatif conséquent sur le bien-être de ses enfants.
> "Dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant."
3. Absence d'illégalité des décisions : La cour a donc rejeté les deux voies d'illégalité soulevées en concluant que les décisions résultaient d'une appréciation raisonnable et conforme aux textes applicables.
En définitive, la cour a tranché en faveur du rejet des demandes de Mme B..., tout en se basant sur les dispositions des textes législatifs et la forme d'appréciation des droits des enfants dans le cadre des décisions des autorités administratives.