Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Bordeaux a rendu un arrêt (n°s 18BX00985, 18BX00994) le 18 novembre 2019 dans lequel elle a annulé un jugement antérieur du tribunal administratif de Bordeaux du 29 décembre 2017 ainsi qu'une décision implicite du président de la communauté de communes du Bazadais qui avait rejeté une demande du maire de Bernos-Beaulac. La cour a enjoint au président de la communauté de communes d'inviter les conseils municipaux des communes membres à statuer sur la fixation des montants des attributions de compensation dans un délai de trois mois. Le 27 novembre 2019, la commune de Bernos-Beaulac a demandé la rectification d'une erreur matérielle dans l'arrêt. La cour a corrigé une formulation incorrecte concernant le point de départ du délai imparti.
Arguments pertinents
1. Erreur matérielle identifiée : La cour a reconnu une erreur dans la formulation de son arrêt concernant le délai imparti au président de la communauté de communes. Au lieu de stipuler que le délai commence "à compter de la notification de l'arrêt à intervenir", il aurait dû être précisé qu'il commence "à compter de la notification du présent arrêt". Cela montre l'importance d'une précision dans la rédaction des décisions judiciaires.
2. Impact de la correction : La cour a affirmé que cette rectification ne modifie pas le sens de l'arrêt, ce qui est essentiel à la compréhension de la portée de l'erreur. La correction est purement matérielle et n'affecte pas le fond du jugement.
3. Procédure de rectification : La décision souligne le pouvoir conféré au président de corriger une décision entachée d'une erreur matérielle. Le texte mentionne que les corrections peuvent être effectuées par ordonnance, et précise que la notification de l'ordonnance rouvre, au besoin, le délai d'appel ou de recours (Code de justice administrative - Article R. 741-11).
Interprétations et citations légales
L'arrêt et la décision de rectification s'appuient sur plusieurs aspects juridiques :
- Pouvoir de rectification : Selon le Code de justice administrative, l'article R. 741-11 stipule que "lorsque le président du tribunal administratif, de la cour administrative d'appel... constate que la minute d'une décision est entachée d'une erreur ou d'une omission matérielle non susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, il peut y apporter... les corrections que la raison commande." Cela souligne le principe d'auto-correction des juridictions administratives.
- Délai de notification : La distinction entre les termes "arrêt à intervenir" et "présent arrêt" est cruciale pour clarifier le point de départ du délai imparti. Cette précision renforce l'idée que toutes les parties doivent avoir une compréhension claire des délais qui s'imposent à elles, afin de garantir une bonne administration de la justice.
- Obligation d’agir : L'injonction faite au président de la communauté de communes illustre le pouvoir des juridictions administratives d'orienter les actions des autorités publiques en matière d'attributions de compensation, reflétant ainsi une volonté d'assurer une répartition équitable des ressources entre les différentes communes.
En résumé, cette décision met en lumière la rigueur attendue dans les procédures administratives et l'importance de la précision dans les décisions de justice, tout en rappelant le cadre légal qui permet de remédier aux erreurs matérielles dans les actes juridiques.