Résumé de la décision :
M. A..., incarcéré depuis le 24 avril 2019 au centre pénitentiaire de Château-Thierry, a demandé le 11 décembre 2019 au juge des référés du tribunal administratif d'Amiens la désignation d'un expert pour constater les conditions d'utilisation des téléphones au sein de la prison, prétendant que celles-ci compromettraient la confidentialité des échanges avec son avocat. Le juge des référés, par ordonnance du 17 décembre 2019, a rejeté cette demande en la considérant comme dépourvue d'utilité. M. A... a interjeté appel de cette décision. La cour a confirmé le rejet de la requête de M. A..., considérant que la mesure demandée n'était pas justifiée.
Arguments pertinents :
1. Utilité de la mesure : Le juge des référés peut refuser de désigner un expert si cette mesure n'apparaît pas utile (Code de justice administrative - Article R. 531-1). La cour a constaté que les documents fournis par l’administration, en particulier des photographies, démontraient que les téléphones étaient dans une pièce fermée, garantissant ainsi la confidentialité des échanges.
2. Absence de preuves spécifiques : M. A... a allégué des problèmes relatifs à la confidentialité sans apporter d'éléments concrets ou circonstanciés pour étayer ses affirmations. La cour souligne que, malgré ses revendications, il n'existe pas de preuves documentées contredisant les assertions de l'administration. Ce manque de preuve a conduit à juger que la mesure demandée ne répondait pas aux critères d'utilité définis par la loi.
3. Inadéquation des allégations de travaux futurs : M. A... a également soutenu que des travaux étaient prévus et aurait nécessité ce constat. Cette affirmation a été rejetée en raison du manque de documents ou de preuves à l'appui et des informations contraires présentées par l'administration.
Interprétations et citations légales :
La décision s'appuie sur plusieurs éléments législatifs.
- Code de justice administrative - Article R. 531-1 : Cet article stipule que "le juge des référés peut désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige [...]". Toutefois, cette désignation n'est pas automatique et doit s'accompagner d'une utilité manifeste, ce que la cour a confirmé en rejetant la demande de M. A...
- Confidentialité des échanges avocat-client : La décision souligne une importante garantie consacrée par le code de procédure pénale, mais précise que, en l’espèce, l'administration a prouvé que l'espace réservé à la téléphonie permettait effectivement de préserver cette confidentialité. En conséquence, l'absence de preuves tangibles avancées par M. A... a été déterminante pour le refus de sa demande.
En somme, la cour a rejeté la requête de M. A..., considérant que le constat demandé ne présentait pas d'utilité au regard des éléments apportés par l'administration et que les allégations de M. A... manquaient de fondement.