Résumé de la décision
La cour administrative d'appel a examiné la requête de la société Missenard Quint B, qui contestait une ordonnance du 2 août 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Lille. Cette ordonnance avait partiellement accordé une demande d’expertise sur des désordres affectant des installations d’un cinéma à la commune d'Hazebrouck, mais avait rejeté la mise en cause de la société SMAC. La cour a décidé de rejeter la requête de la société Missenard Quint B, considérant que la demande de mise en cause de la société SMAC ainsi que d'autres conclusions des parties étaient irrecevables en raison de délais d'appel dépassés et de la nature des désordres évoqués.
Arguments pertinents
La décision repose sur plusieurs points fondamentaux :
1. Demandes distinctes : Le juge a rappelé que la demande de mise en cause de la société SMAC a été formulée « exclusivement » en raison de désordres affectant les dalles de plafond et le sol, distincts des problèmes de désenfumage, ventilation et aération.
- Citation pertinente : « La société Missenard Quint B n'est pas fondée à soutenir que le juge des référés aurait omis de statuer sur la demande d'extension... ».
2. Conclusions nouvelles : La cour a souligné que les conclusions présentées pour la première fois devant elle constituaient des éléments nouveaux en appel, rendant celles-ci irrecevables.
- Citation pertinente : « Les conclusions de la société Missenard Quint B... ont le caractère de conclusions nouvelles en cause d'appel et sont par suite, irrecevables. ».
3. Délai de recours : Les conclusions d'appel de la commune, enregistrées après l'expiration du délai de quinze jours prescrit par le Code de justice administrative, ont également été jugées irrecevables.
- Citation pertinente : « Enregistrées après l'expiration du délai d'appel, elles sont irrecevables. ».
Interprétations et citations légales
1. Pouvoir du juge des référés : L'article R. 532-1 du Code de justice administrative stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures utiles, notamment des expertises, sans décision administrative antérieure. C'est ce cadre juridique qui a permis la première désignation d'expert.
- Code de justice administrative - Article R. 532-1 : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ».
2. Extension des opérations d'expertise : L'article R. 532-3 prévoit que l'expert peut demander des extensions à l'expertise. Cependant, cette clause s’applique seulement aux demandes qui ont été dûment instruites et reçues dans les délais impartis.
- Code de justice administrative - Article R. 532-3 : « Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties... étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées... ».
3. Délai d'appel : L'article R. 533-1 définit le délai pour interjeter appel suite à une ordonnance, ce qui a été central dans la décision d'irrecevabilité des conclusions déposées après ce délai.
- Code de justice administrative - Article R. 533-1 : « Le délai d'appel est de quinze jours à compter de la notification de la décision. ».
Cette analyse souligne l'importance de la procédure et du respect des délais dans le cadre des actions en justice administrative.