Résumé de la décision
La cour administrative d'appel a examiné la requête de M. C..., un ressortissant nigérian, qui a contesté un arrêté du 2 juillet 2019 ordonnant son transfert vers l'Italie dans le cadre de sa demande d'asile. M. C... avait introduit sa demande d'annulation de cet arrêté le 18 juillet 2019, mais le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa requête pour tardiveté, jugeant que le délai de recours de quinze jours mentionné dans l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avait été dépassé. La cour a décidé de surseoir à statuer sur la requête en raison d'une question de droit soulevée : le délai est-il franc ou non ? Le dossier a donc été transmis au Conseil d'État pour avis.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : La cour s'interroge sur la nature du délai de quinze jours prévu par l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle souligne l'existence de divergences d'interprétation entre les cours administratives d'appel concernant cette question, ce qui indique qu'il s'agit d'une question juridique complexe et apparemment contestée.
Citation pertinente : "Le délai de recours de quinze jours prévu par l'article L. 742-4 cité au point 2 est-il ou non un délai franc ?"
2. Transmission au Conseil d'État : Constatant la présence d'une question de droit nouvelle et présentant une difficulté sérieuse, la cour retient qu'il est justifié de soumettre la question au Conseil d'État avant de statuer sur la requête au fond.
Citation pertinente : "Cette question de droit, qui donne lieu à des divergences d'interprétation entre cours administratives d'appel, soulève une difficulté sérieuse qui est susceptible de se poser dans de nombreux litiges."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Contenu : Cet article stipule que l'étranger concerné par une décision de transfert dispose d'un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision pour en demander l'annulation. La polémique réside dans la signification de ce délai : doit-on le considérer comme un délai franc, c'est-à-dire que le dernier jour soit pris en compte, ou non ?
- Citation : "L'étranger qui a fait l'objet d'une décision de transfert [...] peut, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de cette décision, en demander l'annulation au président du tribunal administratif."
2. Article L. 113-1 du code de justice administrative :
- Cadre d'application : Cet article permet à la cour administrative d'appel de transmettre une question de droit nouvelle et difficile au Conseil d'État pour avis, suspendant ainsi toute décision au fond jusqu'à l'aventure d'un avis.
- Citation : "Avant de statuer sur une requête soulevant une question de droit nouvelle, présentant une difficulté sérieuse [...] la cour administrative d'appel peut, par une décision qui n'est susceptible d'aucun recours, transmettre le dossier de l'affaire au Conseil d'Etat."
En conclusion, la décision de la cour met en lumière des questions juridiques essentielles liées au droit d'asile et à la procédure administrative, sur lesquelles le Conseil d'État devra apporter un éclairage.