Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme E...B... a introduit une requête contre une délibération du conseil municipal de Moyvillers et un avenant à un contrat d'affermage conclu avec la société SAUR pour l'exploitation de l'eau potable. Sa demande visait à annuler la délibération du 27 janvier 2015 et à obtenir le versement d'une indemnité. Le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande comme manifestement irrecevable. En appel, la cour a confirmé ce rejet, considérant que les demandes étaient irrecevables. Elle a également décidé que Mme B... devait verser 1 000 euros à la commune de Moyvillers au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
La cour a principalement fondé son analyse sur les principes de l'opposabilité des contrats administratifs et les conditions d'exercice des recours contre ceux-ci. Elle a notamment rappelé que :
1. Recours de pleine juridiction : Les tiers au contrat administratif peuvent contester sa validité, mais seulement dans le cadre d'un recours de pleine juridiction. La cour a affirmé que "la légalité de cette délibération ne peut être contestée qu'à l'occasion d'un recours de pleine juridiction en contestation de la validité de l'avenant lui-même."
2. Irrecevabilité des conclusions nouvelles en appel : La cour a noté que les conclusions d'annulation de l'avenant, introduites directement en appel, étaient irrecevables. Elle a conclu : "les conclusions tendant à l'annulation de l'avenant du 27 janvier 2015, présentées directement devant la cour, sont irrecevables comme nouvelles en appel."
3. Frais de justice : La cour a aussi souligné que, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la commune n'étant pas la partie perdante, aucune condamnation financière à son égard ne pouvait être prononcée. Au contraire, la requérante devait payer des frais.
Interprétations et citations légales
Les textes législatifs appliqués dans cette décision mettent en évidence les droits et obligations des parties dans le cadre des contrats administratifs et les possibilités de recours. Voici quelques points liés à la décision :
1. Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article permet d'introduire un recours pour suspendre un contrat administratif, mais stipule que les recours doivent être instruits dans un certain délai après la publicité du contrat.
2. Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article précise que les requêtes doivent être clairement fondées. La cour a constaté que ces demandes devaient avoir été introduites dans les délais requis et sous forme appropriée.
3. Décision n° 358994 du Conseil d'Etat du 4 avril 2014 : Cette décision a élargi la possibilité de recours, mais stipule également que les demandes liées à un contrat doivent respecter des conditions précises pour être recevables. La cour a affirmé que "les principes énoncés au point 1 s'appliquent à l'occasion d'un recours dirigé contre un avenant qui a été signé postérieurement à cette date."
En résumé, l'affaire illustre la rigueur des procédures entourant les contrats administratifs et la nécessité d'un recours correctement structuré dans le cadre des délais légaux.