Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme B... contestaient une ordonnance du tribunal administratif de Lille qui avait rejeté leur demande. Ils soutenaient que toute l'action administrative était devenue irrecevable depuis le 4 avril 2013 et, subsidiairement, demandaient l'annulation de l'ordonnance du 3 mars 2018 ainsi qu'une indemnité au titre des frais de justice. La cour a rejeté leur requête au motif qu'elle était manifestement dépourvue de fondement, car les redressements notifiés par l'administration n'avaient pas été remis en question par l'arrêt précédent, et les arguments des requérants n'étaient pas suffisants pour établir une recevabilité de leur action.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande : La cour a souligné que l'arrêt du 20 juillet 2017 avait annulé le jugement du tribunal administratif de Lille uniquement en ce qui concerne la recevabilité de la réclamation préalable. Les redressements fiscaux contestés n'avaient pas été remis en cause, ce qui constitue un important obstacle à la recevabilité de la nouvelle demande de M. et Mme B...
> "Cette annulation ne concernait pas les redressements notifiés par l'administration."
2. Inapplicabilité du Code Civil : La cour a également noté que les contribuables n’avaient pas pu se prévaloir des règles de prescription du Code civil, car celles-ci ne sont pas applicables en matière de contentieux administratif.
> "Les dispositions du code civil sont inapplicables en matière de procédure contentieuse devant la juridiction administrative."
3. Absence de fondement dans la demande : Même si les requérants se référaient à la doctrine administrative pour soutenir leur contestation de l'irrecevabilité, la cour a considéré que leurs citations étaient non spécifiques et dénuées de pertinence.
> "Ils ne donnent, en tout état de cause, aucune indication précise sur la doctrine dont ils demandent l'application."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : Cet article autorise les présidents des cours à rejeter des requêtes manifestement dépourvues de fondement. C’est sur cette base que la cour a statué sur l'irrecevabilité de la demande de M. et Mme B...
> "Les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ... doivent ... être rejetées."
2. Code général des impôts et procédure fiscale : Les règles qui régissent les procédures fiscales sont distinctes de celles du droit civil. Cela a été crucial pour définir que les dispositions de prescription, qui pourraient être applicables dans un contexte civil, n'ont aucune incidence sur les redressements fiscaux.
3. Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article permet de demander le remboursement des frais de justice si la partie adverse est perdante. La cour a statué que, puisque l'administration n'était pas la partie perdante, la demande de frais par M. et Mme B... ne pouvait être acceptée.
> "L'administration n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions ... doivent être rejetées."
Conclusion
La décision de la cour administrative d'appel a confirmé l'irrecevabilité de la requête de M. et Mme B..., en s'appuyant sur des principes fondamentaux de droit administratif, tout en excluant l'application de règles issues du droit civil. Les demandeurs n'ont pas su démontrer des arguments suffisamment solides pour contester la position de la cour et de l'administration fiscale.