Résumé de la décision
Mme C..., ressortissante marocaine, a demandé l'annulation de deux décisions implicites (le refus de sa demande de titre de séjour par le préfet et le rejet de son recours par le ministre de l'intérieur), ainsi que la délivrance d'un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale". Le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande. En appel, la cour a confirmé le jugement du tribunal, considérant que Mme C... ne pouvait ainsi se prévaloir d'arguments autres que ceux relatifs à un vice propre à la décision, en raison de son absence à la préfecture pour présenter sa demande.
Arguments pertinents
1. Absence de présentation personnelle : La cour souligne que l'absence de présentation personnelle de Mme C... à la préfecture est centrale au refus de son titre de séjour. L'article R. 311-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impose aux demandeurs de se présenter.
> "Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans... est tenu de se présenter... pour y souscrire une demande de titre de séjour."
2. Limitation des moyens de contestation: La cour précise que lorsqu'un refus est justifié par l'absence de présentation, la requérante ne peut invoquer des moyens basés sur le droit à la vie privée et familiale, ainsi que sur d'autres dispositions légales.
> "Lorsque le refus de titre de séjour est fondé à bon droit sur l'absence de présentation personnelle du demandeur, ce dernier ne peut se prévaloir... de moyens autres que ceux tirés d'un vice propre de cette décision."
3. Pas de compétence liée pour le préfet : La décision indique que même si le préfet n'est pas lié par une obligation d'accorder le titre de séjour, il a le pouvoir discrétionnaire de régulariser la situation si les circonstances le justifient, ce qui renforce la légitimité de son refus.
> "Le préfet n'est, toutefois, pas en situation de compétence liée pour rejeter la demande de titre de séjour."
Interprétations et citations légales
- Article R. 311-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article définit les obligations des étrangers sortes d'un titre de séjour, précisant qu'ils doivent faire une demande en personne. Cela permet d'assurer un contrôle et une prise en charge adéquate des demandes, en s'assurant de l'identité et de la situation des demandeurs.
- Article L. 313-11 du même code : Par la référence à ce texte, la cour souligne la nécessité de respecter les dispositions applicables en matière de séjour basé sur des motifs familiaux. L'élimination des arguments basés sur la vie privée et familiale est aggravée par le fait que ces arguments ne peuvent s'appliquer sans un respect des procédures.
- Article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Bien que la cour mentionne cet article, elle indique que, dans le cas présent, son application ne peut servir de fondement au recours, étant donné les circonstances spécifiques entourant la demande de séjour, en l'absence d'une présentation en personne.
En somme, la décision illustre l'importance de la conformité avec les obligations procédurales pour les demandeurs de titres de séjour en France, tout en précisant les limites d'argumentation en cours d'appel.