Résumé de la décision
Mme D... a introduit une requête auprès de la cour pour annuler un jugement du tribunal administratif d'Amiens qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté du préfet de la Somme. Ce dernier avait refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". La cour a décidé de rejeter la requête de Mme D..., confirmant que l'arrêté préfectoral ne portait pas atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve de violation des droits : La cour souligne que l'erreur de fait commise par le préfet dans l'examen de la demande de titre de séjour de son mari ne modifie pas l'évaluation de la demande de Mme D... en ce qui concerne sa situation personnelle. La cour déclare qu'« il ne peut être établi que l'absence de diplôme pour l'exercice de la profession d'aide boucher aurait eu un impact sur la décision prise par le préfet ».
2. Conditions d'octroi de titre de séjour : La cour retient que pour obtenir un certificat de résidence, il faut prouver des liens familiaux et personnels suffisamment forts en France. Mme D... n'a pas su justifier cela, n'apportant ni la preuve de sa date d'entrée en France ni celle de la présence régulière de ses parents sur le territoire.
3. Atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale : La cour conclut que même si Mme D... fait état de sa vie en France depuis 2011, elle ne prouve pas l'absence d'attaches familiales en Algérie, et que l'arrêté du préfet ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée. Sa situation ne justifie pas l'octroi du titre de séjour demandé.
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien :
- L'article 6 précise que « le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit aux ressortissants algériens, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ».
2. Convention européenne des droits de l'homme :
- L'article 8r appuie le droit au respect de la vie privée et familiale, stipulant que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », mais ce droit n'est pas absolu et doit s’équilibrer avec des considérations d’ordre public.
3. Application des critères d'appréciation :
- La cour a précisé que, malgré les circonstances personnelles de Mme D..., rien dans le dossier ne lui permet de revendiquer une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, qui, selon les articles susmentionnés, nécessite des preuves substantielles de liens forts avec la France.
Cette décision illustre la rigueur avec laquelle les juges administratifs examinent les demandes de séjour, en s'assurant que les conditions prévues par la législation soient rigoureusement respectées.