Résumé de la décision
M. B..., ancien auxiliaire de bibliothèque au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, conteste une décision de reclassement dans un autre emploi, prise à la suite de son transfert dans un autre bâtiment de la même maison centrale. Il a été initialement affecté à un poste de bibliothèque depuis 2016, mais en raison de tensions avec certains membres du personnel, il a demandé à être transféré, ce qui a entraîné son reclassement en tant qu'auxiliaire aux ateliers du bâtiment MC1. Le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande d'annulation de ce reclassement et du refus de réintégration dans son ancien poste. La cour a confirmé cette décision, concluant que le reclassement constituait une mesure d'ordre intérieur et n'était pas soumis à recours.
Arguments pertinents
1. Régularité du jugement : La cour a précisé que la minute du jugement attaqué était valide, malgré l'absence de signatures sur l'expédition notifiée à M. B.... "Le moyen tiré du défaut de signature de la minute du jugement doit donc être écarté comme manquant en fait."
2. Naturé de la décision : Concernant le changement de poste, la cour a souligné que "la mesure contestée de reclassement […] a été prise en raison du transfert de l’intéressé dans un nouveau bâtiment," indiquant ainsi qu'un reclassement dans un nouvel emploi, lorsqu'il répond à des raisons administratives et de sécurité, constitue une mesure d'ordre interne, non susceptible de recours.
3. Conditions de détention : Les juges ont noté qu'il n'était pas établi que le reclassement ait affecté négativement les conditions de détention de M. B..., ni qu'il ait porté atteinte à ses droits fondamentaux, affirmant que "cette décision de reclassement ne constitue pas une atteinte à ses libertés."
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article R. 741-7 : Cet article stipule que "la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience." Cette disposition assure la validité procédurale du jugement, indépendamment des éventuelles erreurs formelles dans l'expédition.
2. Code de procédure pénale - Articles R. 57-7-34 et D. 432-4 : Ces articles précisent les conditions dans lesquelles un déclassement d'emploi peut être contesté. La cour a interprété que "la décision de reclassement […] n'est pas susceptible de recours" car elle relève d'une mesure d'ordre intérieur et ne modifie pas substantiellement les conditions de détention.
3. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : Cette loi traite du droit à l'aide juridique et des honoraires des avocats, mais dans ce cas précis, le rejet des conclusions visant à la condamnation de l'État aux dépens a été motivé par le fait que M. B... n’a pas obtenu gain de cause sur le fond.
Ainsi, la décision de la cour respecte les cadres législatifs en vigueur tout en clarifiant la nature des mesures administratives prises à l'intérieur des établissements pénitentiaires.