Résumé de la décision
Dans cette affaire, la préfète de la Somme a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Lille qui avait annulé un arrêté l'obligeant M. A..., ressortissant géorgien, à quitter le territoire français sans délai. Cet arrêté contenait également une interdiction de retour pour trois ans. La cour a confirmé la décision du tribunal administratif, estimant que M. A... n'avait pas été correctement informé de ses droits d'être entendu avant la prise de décision.
Arguments pertinents
1. Droit d'être entendu : La cour réaffirme que l'autorité préfectorale doit garantir à l'étranger la possibilité de présenter ses observations écrites et orales avant une décision d'éloignement, conformément au Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1. La décision souligne que même si M. A... était en situation irrégulière, cela ne dispense pas de lui permettre de s'exprimer sur sa situation :
> "Le droit d'être entendu [...] implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations."
2. Mise en œuvre réelle du droit d'être entendu : La cour a observé que M. A... n'a pas été interrogé sur les éléments concernant son éloignement ou sa situation familiale et qu'aucune information ne lui a été fournie concernant la possibilité d’une mesure d’éloignement. Sur ce point, la cour a ajouté :
> "Il n'est pas établi qu'il aurait été mis à même de présenter des observations écrites ou orales avant l'édiction de l'arrêté."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur l'interprétation des droits garantis aux étrangers dans le cadre de l'éloignement, tels que définis par le droit européen et le droit national. En citant le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1, la cour rappelle l'importance de respecter les garanties procédurales, inscrites dans la loi pour assurer un traitement équitable, même pour les étrangers en situation irrégulière :
- Obligation d'imposer une procédure d'audition : La loi doit être appliquée de manière à préserver le droit d'être entendu. Cela implique non seulement une possibilité d'écrire, mais aussi l'opportunité de faire valoir ses arguments oralement.
Cette décision est également en ligne avec la directive européenne 2008/115/CE qui vise à établir des normes communes en matière de retour des ressortissants des pays tiers, soulignant ainsi l'importance de la procédure et des droits des individus dans un cadre qui peut sembler restrictif.
La cour conclut que le manquement à ce droit d'être entendu constitue une violation des droits procéduraux et motive ainsi le rejet de la requête de la préfète.