Résumé de la décision
La décision du Conseil d'État concerne une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par le Conseil national des centres commerciaux à l'encontre de l'article L. 752-23 du code de commerce. Ce texte impose qu'un certificat, attestant de la conformité d'un projet commercial à l'autorisation d'exploitation, soit établi par un organisme habilité, sous peine de rendre l'exploitation illicite. Le Conseil d'État déclare que la question soulevée ne présente pas de caractère sérieux et décide de ne pas renvoyer la question au Conseil constitutionnel.Arguments pertinents
Le Conseil national des centres commerciaux argumente que l'article L. 752-23 du code de commerce méconnaît l'article 12 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Cet article stipule que la force publique doit être utilisée pour le bénéfice de tous, et non pour l'utilité particulière d'individus ou d'entités privées. Toutefois, le Conseil d'État répond en affirmant que cette disposition ne délègue pas de compétences de police administrative générale, mais institutionnalise simplement un processus de certification par des organismes habilités. En conséquence, "les dispositions des deux premiers alinéas de l'article L. 752-23 du code de commerce ne méconnaissent aucunement l'article 12 de la Déclaration de 1789".Interprétations et citations légales
La décision fait référence aux conditions encadrant la question prioritaire de constitutionnalité, inscrites dans l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, notamment à l'article 23-5, précisant que pour qu'une telle question soit considérée, il est requis que :1. La disposition contestée soit applicable au litige.
2. Elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution, sauf changement de circonstances.
3. La question soit nouvelle ou sérieuse.
Le texte législatif concerné, soit le Code de commerce - Article L. 752-23, exige donc la présentation d'un certificat de conformité avant l'ouverture d'un établissement commercial, soulignant l'importance de la réglementation dans l'exercice d'une activité commerciale.
Cet article stipule : "Un mois avant la date d'ouverture au public du projet, le bénéficiaire communique au représentant de l'Etat dans le département... un certificat établi à ses frais par un organisme habilité par le représentant de l'Etat dans le département attestant du respect de l'autorisation d'exploitation commerciale..."
En somme, le Conseil d'État valide ainsi la formulation et l'application de la réglementation en matière d'exploitation commerciale, tout en assurant que les droits et libertés garantis par la Constitution ne sont pas compromis par cette surveillance réglementaire.