Résumé de la décision
M. et Mme D... ont saisi la cour d'appel pour contester le jugement du tribunal administratif d'Amiens rendu le 19 février 2016, qui avait rejeté leur demande d'annulation de l'ordonnance de taxation des honoraires d'un expert. L'expert, M. C..., avait été désigné pour évaluer des désordres affectant leur résidence. Le montant fixé pour ses frais s'élevait à 8 813,52 euros TTC, ce que les époux considéraient comme excessif. La cour a partiellement accueilli leur recours en retenant que certaines photocopies étaient facturées à des tarifs excessifs, réduisant le montant total à 7 896,58 euros TTC.
Arguments pertinents
Les époux D... ont avancé plusieurs arguments pour contester le montant des frais d'expertise. Leur principal reproche était l'absence d'information préalable sur le coût prévisionnel de l'expertise, ce à quoi la cour a répondu que "aucune disposition du code de justice administrative n'impose à l'expert d'informer les parties du coût prévisionnel de l'expertise". De plus, ils ont critiqué le nombre de photocopies et les tarifs appliqués. La cour a observé que "le coût des photocopies a été chiffré par l'expert à 1 685 euros hors taxes", mais a jugé que cela était excessif et a rectifié les tarifs unitaires.
Interprétations et citations légales
La cour a appliqué le principe selon lequel les parties doivent être informées des modalités de la mission de l'expert, mais n'ont pas à être prévenues du coût prévisionnel. L'absence de cette obligation repose sur le fait qu'il n'existe aucune règle explicite dans le Code de justice administrative qui exige une telle notification.
Code de justice administrative - Article 1er : Cet article stipule les conditions générales régissant les procédures avant le juge administratif, en mettant en avant le droit de chaque partie d'être informée des décisions qui les concernent, mais sans impliquer une obligation de devis préalable sur les coûts des expertises.
La cour a également débattu de la faculté de l'expert d'établir son rapport selon les modalités qu'il juge nécessaires, estimant que "l'existence d'un tel document ne dispensait pas l'expert de se conformer à la mission qui lui avait été attribuée". Ces principes reflètent le devoir de l'expert d’exercer sa mission de façon à garantir l’efficacité et la pertinence de son travail pour le tribunal.
Ainsi, la décision de la cour s'appuie sur des principes d'analyse de la juste rémunération et de la transparence dans la procédure d'expertise, tout en conservant une latitude d'action à l'expert pour mener sa mission.