Résumé de la décision
Mme C... A..., ex-professeur de lycée professionnel stagiaire, a contesté un jugement du tribunal administratif de Lille qui rejetait sa demande de compensation pour les préjudices subis en raison du retard dans la délivrance de son attestation par le rectorat. Elle a saisi la cour administrative d'appel pour annuler ce jugement et obtenir réparation, en soutenant avoir subi un préjudice financier et moral lié à ce retard. La cour a finalement rejeté sa requête, considérant qu'elle n'avait pas prouvé le lien de causalité entre le retard de délivrance de l'attestation et les préjudices allégués.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de l'État : La cour a reconnu qu'il y avait une faute de l'État du fait du retard dans la délivrance de l'attestation, face à l'exigence légale selon laquelle l'employeur doit transmettre immédiatement cette attestation à Pôle emploi au moment de la rupture du contrat de travail (Code du travail - Article R. 1234-9).
2. Preuves du préjudice : Cependant, la cour a affirmé que Mme A... "ne démontre toutefois ni le caractère certain de ce préjudice en lien avec le retard apporté à la délivrance de cette attestation, ni le lien de causalité entre la faute révélée par ce retard et le préjudice allégué". En d’autres termes, bien qu'il y ait eu une faute, la requérante n'a pas pu établir que cette faute lui avait causé un préjudice direct.
Interprétations et citations légales
L'article R. 1234-9 du Code du travail stipule que « l'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi ». Cette obligation pèse sur l'employeur dans un cadre précis, visant à protéger les droits des salariés en matière de chômage. La cour a donc évalué que le non-respect de cette norme par le rectorat engageait la responsabilité de l'État.
Toutefois, la cour a également mis l'accent sur l'importance de prouver le préjudice, même lorsqu'une faute administrative est établie. Elle a souligné que le préjudice doit être « certain » et prouvé, ce qui est corroboré par le principe de la réparation intégrale en droit administratif, qui exige un lien étroit entre la faute et le préjudice.
En conclusion, malgré la reconnaissance d'une faute dans la procédure de délivrance, le non-respect des exigences de preuve a conduit Mme A... à perdre sa cause, montrant ainsi l'importance de la rigueur dans la démonstration des préjudices subis.