Résumé de la décision
M. A... a contesté une décision implicite de rejet de sa demande d'octroi d'un avantage spécifique d'ancienneté, devant le tribunal administratif de Rouen. Ce dernier a rejeté sa requête pour tardiveté. En appel, la cour a annulé l'ordonnance du tribunal pour une erreur sur la date de réception de la demande, qui ne correspondait pas à la date de rédaction indiquée par M. A... Cependant, la cour a ensuite statué sur le fond en déclarant la requête de M. A... irrecevable, puisque ce dernier n'avait pas prouvé la date de dépôt de sa demande, et a rejeté toutes ses autres conclusions.
Arguments pertinents
1. Tardiveté de la demande :
La cour a jugé qu'il était erroné de considérer que la date du 16 novembre 2015 était celle de la réception de la demande, reconnaissant que cette date était plutôt celle de la rédaction de la demande par M. A.... Ainsi, le président du tribunal administratif a commis une erreur de fait.
> « ce dernier est fondé à soutenir que, c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président... a considéré que cette date correspondait à la date de réception par l'administration... »
2. Irrecevabilité de la demande :
En ce qui concerne le mérite de la demande, la cour a souligné que faute de preuve de la date de dépôt de la demande par M. A..., sa requête était irrecevable. Ceci implique que, même si la décision implicite de rejet était contestée, sans preuve tangible de son dépôt, le ministre de l'Intérieur était fondé à rebuter la demande.
> « le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que, faute pour M. A... de justifier de la date du dépôt d'une demande auprès de l'administration, sa demande... est irrecevable. »
3. Conclusion sur les mesures d'injonction :
Étant donné que les conclusions d'annulation de M. A... ont été rejetées, ses demandes additionnelles pour des injonctions et pour le remboursement de frais ont également été ignorées.
> « ses conclusions tendant à ce que des mesures d'injonction soient prescrites et à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat... doivent, par voie de conséquence, également être rejetées. »
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours :
Selon le Code de justice administrative, le délai de recours contre une décision administrative commence à compter de la notification de celle-ci. La cour a apporté une nuance cruciale en précisant que la date de rédaction de la demande ne peut pas être confondue avec la date de réception par l'administration.
> Code de justice administrative - Article R. 420-1 : « La décision est notifiée au requérant... Le recours doit être formé dans un délai de deux mois à compter de cette notification. »
2. Irrégularité de la procédure :
La cour a souligné l'importance de la preuve du dépôt des demandes administratives. La circulaire mentionnée par M. A... n’a pas dispensé celui-ci de fournir une preuve tangible de la soumission de sa demande.
> « cette circulaire ne faisait pas obstacle à ce que M. A..., se constitue une preuve du dépôt de sa demande... »
3. Contrôle de légalité :
Bien que M. A... ait contesté la légalité de l'arrêté du 3 décembre 2015, la cour a considéré que ce point n'était pas applicable à cette instance, car l'absence de preuve de la demande rendait la contestation inopérante.
Ces éléments soulignent l'importance de la rigueur dans la procédure administrative et le respect des délais et formes requises pour la validité des demandes auprès des autorités compétentes.