Résumé de la décision
M. et Mme C..., représentés par leur avocat, ont interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Rouen rejetant leur demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, ainsi que des pénalités, pour les années 2011 et 2012. Ces cotisations avaient été établies suite à une vérification de la comptabilité de la société Sadris, dont M. C... était le gérant. L'administration a rehaussé les bénéfices de la société, considérant que des revenus avaient été distribués sans justification. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant la requête de M. et Mme C...
Arguments pertinents
1. Caractère sommaire de la méthode de l'administration : M. et Mme C... ont contesté la méthode de calcul utilisée par l'administration pour évaluer les distributions. Ils ont soutenu qu'elle était sommaire. La cour a statué que, malgré les critiques sur la méthode, celle-ci était adaptée à l'activité exercée par la société Sadris et que l'absence de comptabilité probante ne permettait pas de remettre en question la légitimité du redressement fiscal.
> "Cette méthode, qui est adaptée à l'activité de la société, n'est pas excessivement sommaire."
2. Charge de la preuve : Selon le droit fiscal, il incombe à l'administration de prouver l'existence et le montant des distributions. Toutefois, la cour a souligné que le simple fait que M. C... soit le gérant ne constitue pas la preuve automatique qu'il a appréhendé les sommes distribuées.
> "Cette circonstance [...] n'est toutefois pas de nature à établir l'existence et le montant de ces distributions."
3. Absence de présentations comptables probantes : La cour a également noté que les documents comptables fournis par M. et Mme C... ne répondaient pas aux exigences pour établir que les bases d'imposition étaient exagérées. De plus, ceux-ci avaient été présentés en dehors du délai imparti pour les déclarations fiscales.
> "Les documents comptables […] ne sont pas de nature à établir l'exagération des bases d'imposition retenues par l'administration."
Interprétations et citations légales
1. Identification des revenus distribués :
- Code général des impôts - Article 109 : Cet article énonce que "sont considérés comme revenus distribués [...] tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital." Cela repose sur le principe fondamental que seules les sommes effectivement retirées de l'entreprise peuvent être considérées comme distribuées.
2. Obligation de justification par le contribuable :
- Code général des impôts - Article 110 : « Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ». Cet article précise que les bénéfices doivent avoir été intégrés dans l’assiette des impôts pour être visionnés comme des distributions.
3. Droit à la preuve :
- La cour a rappelé que la charge de la preuve incombe à l'administration lorsqu'elle impose des distributions. Cependant, l'absence de comptabilité probante de la part des contribuables a levé un doute sur la crédibilité des estimations de l'administration.
En conclusion, la décision de la cour repose sur l'absence de preuves suffisantes fournies par M. et Mme C..., sur la légitimité des méthodes de l'administration fiscale et sur le non-respect des obligations comptables du contribuable. Cette affaire souligne l'importance cruciale d'une comptabilité rigoureuse pour toute entreprise.