Résumé de la décision :
Dans cette affaire, M. G..., un ressortissant ukrainien, a fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Grenoble qui avait rejeté sa demande d'annulation de décisions du préfet du Rhône datées du 11 décembre 2018. Ces décisions refusaient le renouvellement de son titre de séjour, l'obligeaient à quitter le territoire français sans délai, fixaient son pays de destination en cas d'éloignement, et lui interdisaient le retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Toutefois, pendant l'instance d'appel, un arrêté du préfet du Rhône du 28 janvier 2019 a abrogé l'arrêté contesté, rendant la demande d'annulation sans objet. La cour a donc décidé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur la requête de M. G..., et a rejeté ses demandes de remboursement des frais d'instance.
Arguments pertinents :
1. Abrogation de l'arrêté initial : L’un des arguments clés de la décision est que l’arrêté du 28 janvier 2019 a abrogé l’arrêté du 11 décembre 2018, qui était en cours d’examen. Par conséquent, cela a rendue les conclusions de M. G... sans objet. La cour a souligné que "les conclusions de M. G... tendant à l'annulation du jugement ayant rejeté sa demande ainsi que de cette décision sont devenues sans objet".
2. Inapplication de l'arrêté : La cour a également noté que l'arrêté du 11 décembre 2018 "n'a reçu aucune application" avant son abrogation, ce qui a renforcé l’idée que la contestation du jugement initial n'avait plus de fondement.
3. Frais d'instance : Concernant la demande de remboursement de frais d’instance, la cour a statué qu’il n’y avait pas lieu d'appliquer l'article L. 761-1 du Code de justice administrative dans cette affaire, évoquant le contexte et les circonstances entourant la demande.
Interprétations et citations légales :
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que "la perte de frais de justice ne peut être demandée que dans les cas prévus par la loi". La cour a jugé en l'espèce qu’en l’absence de litige subsistant, il n’y avait pas de justification pour faire application de cet article.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Bien que cet article n'ait pas été cité directement, il sous-tend la légalité des décisions du préfet concernant le séjour des étrangers et les modalités d'éloignement. En rendant l’arrêté du 11 décembre 2018 sans objet, la cour a implicitement validé l’exercice du pouvoir discrétionnaire du préfet, qui a décidé que la situation de M. G... ne justifiait pas le maintien des mesures initialement prises.
L’analyse de cette décision met en lumière l'importance de la régularité procédurale et d'éventuelles changements de circonstances dans le cadre d'un recours, ainsi que l'interaction entre les décisions administratives et les droits des étrangers en France.