Résumé de la décision
La commune de Dareizé a formé un recours en appel après que le tribunal administratif de Lyon a prononcé un non-lieu à statuer sur les recours de Mme F... et de M. et Mme B..., concernant l'annulation d'un permis de construire délivré par le maire. Le tribunal a également condamné la commune à verser 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour couvrir les frais engagés par les requérants. Dans son arrêt du 7 février 2017, la Cour a rejeté le recours de la commune, confirmant ainsi la décision du tribunal.
Arguments pertinents
1. Légalité du non-lieu à statuer : La Cour a constaté que le permis de construire en question a été abrogé et qu'un nouveau permis a été accordé, justifiant le non-lieu à statuer sur les conclusions principales des requérants. Cependant, cela n'empêche pas que la commune puisse être condamnée à des frais :
- "Aucune disposition de cet article n'interdit au juge administratif de condamner une partie à verser à l'autre des sommes exposées par elle et non comprises dans les dépens dans le cas où elle constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête".
2. Discrétion du juge : La Cour a souligné que le juge a une large appréciation en matière de frais, et le montant de 1 000 euros alloué aux requérants était justifié par les circonstances :
- "Cet article laisse à l'appréciation du juge le soin de fixer le montant de la somme due."
3. Absence d'erreur manifeste : La Cour n'a pas trouvé de vice dans l'appréciation des juges du premier degré concernant la décision d'imposer cette indemnité :
- "Il ne ressort pas des pièces du dossier que les premiers juges auraient fait une appréciation erronée des circonstances de l'espèce…"
Interprétations et citations légales
La décision s’appuie principalement sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui dispose que :
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens".
Cette disposition permet au juge de faire preuve d'une certaine souplesse dans l'équité, tenant compte de la situation économique de la partie condamnée et des circonstances du litige. Dans la présente affaire, la Cour a statué que le tribunal n’avait pas fait une appréciation erronée quant aux circonstances qui justifiaient la mise à charge de la commune de Dareizé.
La confirmation du jugement du tribunal et la teneur des considérations de la Cour montrent que le juge administratif a la faculté d’évaluer et de décider si une indemnité au titre des frais doit être accordée, même si la requête principale n’a pas abouti. Cela reflète une notion centrale dans le droit administratif, celle de la protection des droits des particuliers face aux actions de l'administration, et comment cela peut se traduire par une réparation financière en cas de frais engagés, même en l'absence de jugement en faveur des requérants sur le fond.